Un candidat cohérent, un soutien logique.

Christophe Grandet Retzussir ensembleC’est avec beaucoup de plaisir (partagé je pense) que j’ai retrouvé Christophe Grandet en réunion publique à Saint Brevin à l’occasion de la campagne pour les élections législatives 2017.

Nous nous étions rencontrés une première fois il y a 5 ans, en 2012, à Saint Philbert de Grandlieu lors d’une de mes réunions publiques et nous nous étions tout de suite accordés, partageant les mêmes valeurs, la même vision de la société, le même humanisme, les mêmes constats et idées pour faire de la politique autrement, la même envie de s’investir pour transformer positivement la société et faire que nous vivions mieux ensemble ou que nous réussissions ensemble.

De ma courte expérience politique, j’en ai humblement déduit cet adage mis crument en lumière par l’actualité locale récente :

Il y a les candidats qui veulent un poste pour mettre en œuvre des idées et il y a les candidats qui utilisent des idées pour obtenir un poste.

On ne peut donc pas dissocier la personne des idées, les deux doivent être en cohérence sur le fond et sur la forme. Et il faut avoir le courage d’exprimer clairement ses positions et les défendre sur la durée,  c’est une question de confiance.

Christophe Grandet est de la première veine, de ceux qui s’investissent personnellement en temps et en argent pour le bien commun, pour la société, et non par ambition personnelle ou opportunisme.

À l’époque j’étais candidat, il était un citoyen du pays de Retz venu me soutenir, à mon tour d’être un citoyen soutenant le candidat député sans étiquette.

Le pari de l’intelligence collective.

unprojetcontemporain_EMSur quoi repose le succès d’Emmanuel Macron et du mouvement En Marche ! ? Et quels sont les enjeux maintenant ?

Pour tous les fins observateurs de la vie politique, ce succès est celui du bon timing, celui du rendez-vous de la bonne personnalité, d’un projet novateur avec une attente profonde dans la société.

Une attente profonde de la société pour le renouvellement des pratiques politiques et un sentiment profond d’une majorité de français trouvant le clivage droite / gauche totalement obsolète, dépassé, d’un autre temps. Car nous sommes au 21e siècle dans un monde ouvert, volatil, incertain, complexe et ambigu et dans cet environnement changeant, dans ce monde numérique en développement, les deux anciens grands partis des 40 dernières années pensaient encore tout penser, tout contrôler, tout décider au sein (secret) de l’appareil politique vainqueur de l’élection.

Celui qui gagne a raison sur tout, celui qui perd a tort sur tout.

Celui qui gagne a raison sur tout, celui qui perd a tort sur tout, cela résume assez bien pour moi l’état d’esprit des élus LR et PS de ces dernières décennies. Un mode de fonctionnement intellectuel binaire, un système politique qui rend idiot des gens intelligents. Mais un système utile car permettant malgré tout de conserver alternativement le pouvoir et des donc des postes à vie.

Il y a 10 ans un premier mouvement s’était fait l’écho et le représentant de ces attentes, le Mouvement Démocrate. 10 ans plus tard, un peu, beaucoup cabossé par les critiques acerbes et souvent légitimes, nous sommes heureux, je suis heureux de voir ces idées enfin s’affirmer.

La dynamique de la société civile.

Cette attente de renouveau des pratiques politiques (et donc des personnes, de celles qui refusaient ces changements) n’est pas nouvelle, elle émerge depuis longtemps, elle s’est construite petit à petit. Le modem annonçait En Marche, deux rassemblements en mouvement, deux rassemblements d’énergie et d’idées, le second a appris des erreurs du premier, mais cela reste la dynamique d’une société civile ouvertes en non figée dans des certitudes, voulant faire de la politique autrement pour mieux vivre ensemble.

Car le modèle politique classique ne peut plus survivre dans ce monde complexe. 30 ans que claudiquent droit et gauche. Aujourd’hui, chaque français est expert de son domaine et le redressement positif du pays passera par le choix de l’intelligence collective, par le choix du pluralisme, de l’écoute, de la compréhension des problématiques (un peu de bienveillance), par le choix de l’ouverture et de la co-construction de notre avenir.

Par des décisions, projet par projet, les plus justes et équilibrées, en cohérence avec le projet et les valeurs.

Le réagencement du paysage politique français se poursuit et s’accélère.

Les primaires inutiles ont seulement eut l’avantage de démontrer que les LR et le PS ne sont qu’illusion de cohésion. Le PS a implosé le premier (parce qu’il est au pouvoir), le parti LR va suivre même si tous disent le contraire pour conserver des sièges à l’assemblée. La défaite annoncée de François Fillon est à la fois personnelle et collective pour les LR.

unprojetcontemporainLa recomposition en marche, si je puis dire, se fera en étant ouvert d’esprit et en regardant l’avenir, loin des nostalgiques des années passées et du repli. Chacun d’entre nous a un passé, une histoire et des engagements politiques et chacun peut apporter ses idées, son énergie à la relance du pays sur la base de valeurs communes.

Il convient donc maintenant de choisir en sectarisme et ouverture et rassemblement.

Il convient de choisir entre conservateurs et progressistes pour les choix de société. D’être plus ou moins interventionniste, pour plus ou moins d’État, plus ou moins libéral dans l’économie. De choisir mieux de d’Europe ou pas d’Europe, un pays ouvert ou fermé.

Ce choix se fera au second tour de l’élection présidentielle et aux prochaines législatives, à suivre…donc pour savoir si l’esprit binaire continuera de bloquer l’intelligence collective.

Revolution@work

Doit-on encore parler des diverses manifestations pathologiques du mal être au travail ? Ces affections sont révélatrices des profonds dysfonctionnements de l’univers du travail. Face au désengagement des équipes le monde de l’entreprise doit se refonder. En effet, il faut trouver les solutions pour redonner du sens et du bien-être au travail et développer l’engagement des salariés. Le travail change, les usages, les attentes, les moyens changent et c’est maintenant qu’il faut en faire une dynamique. Et les solutions sont multiples.

Transformer les usages du travail pour permettre à l’intelligence collective de s’épanouir  est vital pour toutes les entreprises. Repenser l’écosystème global de l’entreprise est également vital pour continuer d’attirer des talents et pérenniser les entreprises.

Réinventer le monde du travail.

Dans mon projet d’ouverture de premiumworking,  un espace conjuguant efficacité professionnelle et bien-être au travail, parce que se sentir bien permet de travailler mieux, la « mission long terme » proposée aux résidents et coworkers sera de réinventer ensemble le nouveau style de vie au travail. C’est donc avec un grand intérêt que j’ai découvert  Révolution@work , et c’est avec un grand plaisir que j’ai lu  et vu en écho de ma réflexion, ce programme international dont l’objectif est de réinventer le travail.

Décloisonner.

Le 30 mars avait lieu à la Défense la présentation du programme de la seconde édition dont l’objectif est de décloisonner les méthodes et les réflexions sur le futur du travail.  La réinvention du monde du travail concerne tous les travailleurs et revolutionatwork veut réunir tous les acteurs et tous les décideurs.

Pour l’équipe organisatrice, les 3 composantes ci-dessous sont imbriquées et interagissent.

ScreenClipLa réinvention de l’entreprise passe par l’Homme. Le collaborateur devient un utilisateur averti, en quête de sens, exigeant face à des pratiques de collaboration qu’il évalue en fonction de ses usages. Cela positionne les organisations face à un besoin majeur de changement, vers de nouveaux modèles donnant plus de liberté et de capacité à l’individu, renouvelant le rôle des managers, repensant le leadership et créant les conditions d’une entreprise apprenante et ouverte à son écosystème.

Les changements sociétaux et le digital bouleversent nos modes de travail et poussent à réorganiser nos espaces de collaboration, pour faciliter les flexibilités, la transversalité, le partage et une plus grande ouverte à l’autre et au dehors. Réinventer ces espaces de travail devient un nouveau levier de performance et un outil au service d’organisations plus agiles, plus créatives, plus innovantes.

De nouveaux espaces de travail émergent au cœur ou en périphérie des villes, dans lesquels la spécialisation des lieux s’estompe. Leurs fonctions se décloisonnent et les quartiers d’affaires deviennent des lieux de vie connectés. Demain, ces quartiers autrefois vus comme inhospitaliers et impersonnels pourront devenir, au même titre que les tours qu’ils supportent, des lieux de création de valeur. C’est tout l’enjeu des grands quartiers d’affaires internationaux : devenir des lieux de vie et de collaboration, capable d’attirer et de retenir les talents.

Un sujet pluriel pour de multiple audience.

ScreenClip

Avec une approche systémique, la démarche est de faire se retrouver, se rencontrer dans un endroit commun pour (re)faire société, mieux vivre et mieux travailler ensemble par exemple.

Prochaine édition Revolution@Work, les 21 et 22 novembre 2017 au cœur Défense, Paris.

L’illusoire droit à la déconnexion ?

Le droit à la déconnexion pour les salariés dans un monde numérique serait-il illusoire ?

droit-a-la-deconnexion_unprojetcontemporainLa révolution numérique modifie en profondeur notre relation à l’espace et au temps. Je ne parle pas ici de téléportation ou autre sujet de science-fiction mais bien de ce nouveau pouvoir d’entrer en contact avec qui je veux, quand je veux, d’où je veux. Et c’est la même chose pour consommer ou rechercher des informations. Avec de la batterie, une connexion correcte et un son support informatique préféré du moment (mon smartphone, mon ordinateur portable, ma tablette…) je suis libre de travailler d’où je veux, quand je veux.

Depuis le 1er janvier est entré en vigueur le droit, inscrit dans la loi travail, à la déconnexion pour les salariés. Les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation cette année d’aborder le sujet avec les partenaires sociaux lors des négociations annuelles « égalité professionnelle et bien-être au travail », un vaste programme. Faute de trouver un accord, les directions devront rédiger une charte de bonne conduite et sensibiliser les salariés à un usage raisonnable. Dans les autres entreprises, charte ou pas charte, l’accompagnement de ce changement reste ouvert.

Beaucoup d’articles évoquent ce sujet de la connexion permanente à son travail, du stress généré menant au burn-out en pointant un responsable, le développement du numérique et la multitude des outils.

Qui sont les responsables, les outils numériques ou les utilisateurs ?

Votre smartphone d’entreprise, votre ordinateur ou votre tablette de travail ne sont que des objets permettant de travailler en mobilité et ce changement s’accompagne. Vos outils sont ce que vous en faites. Si vous êtes accros aux réseaux sociaux, fan de toutes les applis possibles, ce n’est pas la faute du « free wifi », c’est votre choix ou une addiction… En milieu professionnel, l’absence de prise de recul, d’accompagnement des nouveaux usages, de management de ces changements, de pilotage des équipes au milieu de toutes les possibilités offertes par le numérique, des salariés sont soumis au » blurring « ce phénomène de porosité entre les sphères professionnelles et personnelles, même s’il n’est pas nouveau, il est accéléré par les outils digitaux.

Peut-on vraiment compartimenter nos vies pro et perso ?

unprojetcontemporain_connexionrsCar aujourd’hui beaucoup de salariés traitent leurs mails personnels au bureau, consultent et publient sur les réseaux sociaux à la pause-café, entre deux dossiers, pendant une réunion barbante ou répondent à des mails professionnels le soir à la maison ou le week-end. Donc le droit à la déconnexion devrait s’appliquer dans les deux cas, par réciprocité. Je ne t’envoie pas de mail travail après 19 heures mais tu ne consultes pas tes mails personnels et ton smartphone entre 9 heures 13 heures et 14 heures-19 heures sauf urgence… Cela te convient ? Moi, je ne suis pas certain de l’enthousiasme des équipes pour ce genre d’accord. D’autant que les demandes de BYOD (Bring Your Own Device) se développent, et oui les salariés souhaitent utiliser leur propre smartphone ou tablette pour les usages perso et pro, le casse-tête sécurité des DSI pour configurer tout ça ; autre sujet.

Car les nouvelles générations (et même toutes les générations) attendent de travailler autrement. Avec le numérique et les réseaux sociaux, c’est une attente de flexibilité, d’instantanéité, de mobilité, de décloisonnement qui se développe.

Il faut apprendre à gérer la possibilité d’une connexion illimitée, à l’accès à son réseau d’entreprise, à ses dossiers partout et tout le temps et c’est une responsabilité collective mais pour moi en premier lieu c’est une responsabilité des équipes managériales.

Une responsabilité des équipes managériales.

Il est du devoir des managers d’être les catalyseurs du changement et un devoir de former chaque collaborateur à optimiser son temps de travail et son organisation. La bonne blague française du collègue de bureau qui te lance dans l’open space « tu prends ton après-midi quand tu pars vers 18 heures » ; situation qui souvent t’oblige à te justifier… est un syndrome pesant et bloquant pour avancer vers le travail flexible de demain (et déjà d’aujourd’hui). C’est donc une responsabilité des managers de développer le travail en mode flexible mais flexible pour tous, en s’inspirant des méthodes des entreprises libérées ?

C’est une responsabilité des managers que de comprendre qu’un collaborateur ne pourra pas travailler « à 100 % » toute l’année, que la pression se distille avec parcimonie selon des contextes précis et des situations particulières. La gestion de sa forme physique et psychique est un gage de performance durable et de bien-être au travail. Donc le SMS sur le téléphone pro à 21 h 30 pour traiter un mail professionnel urgent est acceptable par un collaborateur engagé sur un dossier sensible parce qu’il en mesure les enjeux et cela doit rester de l’urgent très exceptionnel et c’est de la responsabilité du manager de le savoir, de le faire savoir et de l’appliquer.

burnout_unprojetcontemporainC’est de l’irresponsabilité managérial que d’alimenter (d’abreuver, de gaver) ses collaborateurs à toute heure du jour et de la nuit et toute l’année, de mails de relance, d’information, de to do, de pour action asap…D’urgence remplaçant une urgence, de priorité écrasant celle de la veille… C’est de l’incompétence organisationnelle et managériale.

Car la tentation de l’omniprésence au travail est réelle pour beaucoup de salariés manager pensant que leur boss verra en eux un super collaborateur, ultra-impliqué, superperformant…

C’est une responsabilité des managers de construire une relation de confiance forte avec ses collaborateurs car l’attente au travail qui arrive c’est « je veux travailler d’où je veux, quand je veux, comment je veux, avec qui je veux ». Les salariés attendent des règles managériales claires et partagées sur l’autonomie et les responsabilités de chacun (la liberté et les responsabilités vont toujours de pair). Les collaborateurs attendent et apprécient de travailler en mode projet cela suppose de la flexibilité et de la confiance. L’un des rôles du manager est de créer un cadre de travail épanouissant pour chacun, favorisant l’intelligence collective, donc basé sur la confiance, basé sur la responsabilité de chacun à gérer son temps de travail car le manager sait que ses collaborateurs sont concentrés sur les missions et les objectifs à atteindre.

Et les entreprises qui bloqueront sur ces éléments verront l’engagement des équipes baisser, n’attireront plus les talents, subiront un fort turn-over des compétences et stagneront. Il faut apprendre à travailler différemment ensemble.

Une responsabilité personnelle.

Pour allier efficacité professionnelle et bien-être au travail il n’est pas sage de vouloir être connecté en permanence car on se déconnecte de soi-même et des autres. Le droit à la déconnexion n’est pas affaire de loi mais de la volonté de chacun à s’autoriser la déconnexion pour son bien-être personnel.

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C’est l’intelligence de chacun de comprendre les situations. Pendant quelle période je travaille intensément et quel moment est mon univers personnel pour me retrouver, me ressourcer ? Parce que la déconnexion n’est pas seulement le moment où j’appuie sur le bouton on/off de mon ordinateur ou de mon smartphone. Déconnecter c’est aussi (et surtout) arriver à ne plus penser le soir ou le week-end aux dossiers, aux négociations, aux projets en cours et ça, ce n’est pas facile. S’autoriser la déconnexion c’est cela, s’autoriser du temps personnel qui détend et ressource et chacun sait ce qui lui fait du bien, du sport, de la marche, du jardinage, de la lecture, des sorties entre copains…

Le droit à la déconnexion c’est aussi le choix de ne pas déconnecter le temps du lancement d’un projet enthousiasmant, passionnant, le temps d’une prise de poste…

Mais sur la durée, autorisez-vous à bien vivre. C’est pour chacun, trouver son équilibre de vie perso/pro ; et cet équilibre varie pour chacun d’entre nous et varie selon les saisons, c’est notre rythme personnel.

Si votre supérieur ne comprend pas cela, la loi vous protégera peut-être mais le fond du problème reste que votre supérieur n’est pas au top de ses compétences managériales et il est fort à parier que cela se retrouve dans d’autres situations de votre relation professionnelle.

C’est une responsabilité des managers que de comprendre et d’accepter les relations différentes au temps et les rythmes de chaque individu. Plus du soir, du matin, bof l’hiver mais plein de vitalité aux beaux jours.

L’entreprise a tout intérêt à préserver ses salariés des risques d’épuisement par une incapacité à « débrancher », par des charges de travail illogiques et intenables sur la durée. Bien sûr, il y a un travail pédagogique à entreprendre sur la bonne utilisation des médias sociaux, sur les bonnes pratiques à l’intention des salariés et en particulier des managers. Mais il y a encore un second travail, plus indirect et profond, qui consiste à redonner le sens du temps pour des activités permettant de se ressourcer, d’apaiser l’esprit et le corps. Il s’agit de savoir bien calibrer sur la durée les charges de travail.

L’environnement motivant.

Nous savons bien maintenant qu’il est impossible de motiver quelqu’un, on peut seulement lui fournir l’environnement dans lequel il s’épanouira et se motivera.

L’entreprise et les managers doivent donc fournir cet environnement.

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L’espace pause café-déjeuner chez Airbnb – Portland

Il me semble qu’avant d’instaurer un droit à la déconnexion (loi qui protégera des excès), nous devrions nous obliger à réclamer un droit au bon management. Car c’est à mon sens une des explications de notre pessimisme latent, de notre atonie économique, nous souffrons des mauvais managers.

Le numérique est entré dans nos vies, les frontières s’effacent, à nous de réagencer nos journées, à nous d’apprendre à nous servir intelligemment des nouveaux outils et des nouvelles technologies, de trouver en expérimentant de nouveaux équilibres dans nos vies pro et perso plutôt que de vouloir (compartimenter) cloisonner des sujets qui ne le sont plus. Éduquons et formons les managers et les collaborateurs au lieu de seulement légiférer.

La démocratie en zone noire.

Je republie cet article posté sur mon ancien blog car l’affaire Fillon illustre le sujet du livre « Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts » dont je donnais un rapide résumé.

Mon propos n’est pas un énième article sur cette affaire mais de vous apporter des éléments concrets d’explications du jugement des électeurs sur cet épisode hallucinant de la vie politique du pays. Et vous pourrez trouver dans quel groupe vous entrez en matière de relation au favoritisme et autres infractions liées aux mandats électoraux 😉

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Il y a 6 ans j’intitulais ce post « la démocratie en zone grise », vous comprendrez plus bas la raison de mon choix pour le noir et ce nouveau titre « La démocratie en zone noire ».

C’est peut-être légal mais est-ce moral ?

Il me semble que les Français n’acceptent plus certains passe-droits, les arrangements de toujours, les petits abus de biens sociaux possibles grâce à des postes ou des mandats électoraux. Pourquoi ce changement ? Parce que la crise économique perdure, que l’avenir reste très incertain, volatile, compliqué, que la vie quotidienne de millions de nos concitoyens se durcie chaque mois, et que recevoir depuis si longtemps des leçons d’élus protégés des crises, protégés (éloignés ?) des réalités, des difficultés, ne passe plus.

Contrairement à ce que pensent nos représentants politiques, ce ne sont pas les idées qui décident de l’avenir mais le quotidien vécu.

Crise économique, sociale, culturelle, identitaire, défiance vis-à-vis du politique, découragement, sentiment de déconnexion, de trahison, d’exclusion, dégout, rupture,  d’avec les élites (réelles ou supposées) est une réalité démontrée par de multiples études politiques.

Et François Fillon qui gagna la primaire en partie grâce à sa posture de probité, dégringole violemment. Pour deux raisons, deux profondes déceptions pour les Français.

Premièrement parce qu’en période de crise, plus qu’en toute autre période il faut être exemplaire, c’est ce qui était promis aux Français, violente déception.

Deuxièmement parce qu’une majorité d’électeurs pensaient voter pour lui avec un réel espoir de choisir le dernier homme de la situation pour redresser le pays, là encore, violente déception, sentiment de trahison.

Et donc les français poussent le curseur de tolérance vers le niveau zéro.

Voici l’article republié :

Peut-être remarquez-vous avec étonnement qu’au détour d’une conversation sur la probité, sur l’intégrité des responsables politiques impliqués dans une affaire, vos interlocuteurs trouvent des excuses, de la tolérance pour des faits avérés. La question que nous nous posons tous à ce moment-là et de comprendre pourquoi existe cette distorsion de jugement au-delà des affinités politiques ? C’est que vous êtes entrés dans la zone grise de la démocratie telle que l’explique Pierre Lascombes dans son dernier livre, Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts – (Chez Seuil, la République des idées).

Ainsi l’auteur nous détaille les trois phases chromatiques d’appréciations par les citoyens des différentes formes de « corruption », blanche, grise et noire.

Avant tout, comment s’explique cette échelle de tolérance ou de réprobation ? Parce que nous dit l’auteur :

« La culture civique française se caractérise par un écart entre, d’une part, de fortes références au légalisme et à la moralité publique et, de l’autre, une large tolérance à l’égard du favoritisme et de la recherche d’avantages individuels ».

L’appréciation personnelle de chaque affaire, varie selon la signification que nous donnons à des termes comme corruption, conflit d’intérêts, arrangement, abus de biens sociaux… varie selon les cas aux justifications et excuses avancées pour qualifier la déviance et enfin, varie selon notre manière de se représenter la responsabilité politique.

Donc en fonction du type d’acteur impliqué, du type de faveur en cause (individuelle, collective directe ou indirecte), du type de bénéficiaire (agent public, citoyen) et en fonction du montant de la faveur accordé, nos jugements différeront et s’établiront sur 3 zones.

  • La zone blanche est pour la grande majorité de français un consensus de tolérance pour des actes jugés « peu graves ». Une sorte de bienveillance pour du petit favoritisme de proximité teintée de déni d’infraction à l’équité. Je tolère parce que je pourrais en profiter un jour…
  • La zone grise est la zone de dissension, de débat, j’y reviens plus bas.
  • La zone noire est la réprobation par la majorité d’actes de « corruptions d’élus ou de fonctionnaires, le détournement d’argent public, tromperie, mensonge et la défense d’intérêts économiques particuliers. »

Ainsi la zone grise dans notre démocratie est ce lieu trouble où s’équilibrent les tolérances et réprobations des citoyens. Pierre Lascoumes décrypte à travers son étude les attitudes des Français par rapport au favoritisme et à l’instrumentalisation du politique, cela compose 4 groupes :

  1. Les dénonciateurs pessimistes, inquiets des corruptions et dérives très répandues. En recherche d’intégrité républicaine.
  2. Les tolérants optimistessont eux confiants dans les institutions et ne pensent pas qu’il y ait beaucoup de corruptions, ils tolèrent le petit favoritisme mais sont méfiants envers la sphère économique et financière.
  3. Les pragmatiques inquietssont curieux car ils acceptent passe-droit et favoritisme mais considérer comme élevé le niveau d’atteinte à la probité politique. Ce sont les porteurs du message c’est mal mais c’est comme ça.
  4. Les réprobateurs réalistes, à la fois rigoristes et réalistes, réprouvent ces pratiques illégales mais jugent que ces problèmes ne sont pas majeurs.

Pour sortir de notre démocratie corruptive, de nouvelles règles sont à introduire ou à renforcer, Transparence France en propose, mais dans le triptyque élu décideur, solliciteur de corruption et citoyen, nous avons l’obligation de réduire la zone grise par nos actions vigilantes.

Télétravail, la vraie bonne idée.

teletravailJ’ai découvert la chronique d’Axel de Tarlé sur le télétravail, publiée la semaine dernière dans le JDD avec ce titre : «  Télétravail la fausse bonne idée« .

Tiens pourquoi donc est-ce une fausse bonne idée, moi qui suis convaincu du contraire ?

En introduction le chroniqueur nous parle, ou plutôt parle à tous les français qui galèrent dans leur trajet domicile travail, et c’est assez positif :

Fini les allers-retours interminables. Une enquête Ipsos publiée cette semaine montre que 65 % des Français sont favorables au télé­travail. Travailler depuis chez soi, le bonheur! Plus de bouchons, plus de pollution, et une grande maison… à la campagne, pour vivre en harmonie avec les siens! La bonne nouvelle c’est qu’Internet permet enfin le télétravail. Bientôt, les réunions se feront à distance, par hologramme. La mauvaise nouvelle, c’est que le télétravail est la fausse bonne idée par excellence.

Et puis, quelle sentence, « la mauvaise nouvelle, c’est que le télétravail est la fausse bonne idée par excellence », quels sont les arguments, lisons la suite.

Le journaliste adresse plusieurs griefs tout à fait juste, le risque d’isolement, la fin des horaires…de bureau, l’absence de relations humaines (au bureau), tous très pertinents mais il oublie de mentionner l’essentiel, nous le verrons par la suite.

C’est d’abord un mauvais choix pour le salarié qui se retrouve dans un tête-à-tête mortifère avec son ordinateur.

C’est vrai mais combien de salariés français sont en tête-à-tête avec leur ordinateur ET au bureau. Tout dépend du sens de son travail et de l’intérêt des missions et des dossiers et de son environnement de travail. Combien de salarié en open space travaille en tête-à-tête avec leur ordinateur et casque sur les oreilles ?  Peut-être qu’Axel de Tarlé trouve le temps long, à en mourir, devant son ordinateur chez lui à rédiger des chroniques, allez savoir ?

Plus grave, il va se laisser déborder par sa vie professionnelle. L’absence de séparation bureau-domicile fait que le salarié va être hanté par son travail vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le soir, le week-end, les jours fériés. On n’est pas loin de l’esclavage.

Un salarié en télétravail serait au bord de l’esclavage, ce n’est pas ce type de travail que j’associe d’emblée à l’esclavage, il y a d’autres conditions plus épouvantables que de travailler de chez soi avec un ordinateur un à deux jours par semaine. Bref, passons l’excès de langage, le journaliste a toutefois raison d’alerter sur ce phénomène de blurring, la superposition et le flou des moments de vie professionnelle et de vie privé. Je signale que ce problème concerne des salariés, souvent des cadres, qui ne font pas de télétravail mais qui sont pris dans une organisation et un management qui omettent le droit à la déconnexion.

Mais, le télétravail est aussi une très mauvaise solution pour l’entreprise. C’est connu, les bonnes idées qui vont révolutionner l’entreprise, naissent d’une discussion anodine à la machine à café. Travailler, ce n’est pas effectuer une liste de choses à faire dans la journée, c’est interagir avec les autres.

Et dernière mauvaise raison de télétravailler, on est seul chez soi et on ne peut pas prendre part aux discussions créatrices et innovantes de la pause café. Bon je veux bien entendre le sujet d’isolement (déjà évoquer en premier) mais dire que cela devient un danger pour le dynamisme créatif informel de l’entreprise si un collaborateur manque à l’appel lors de la pause café,…et bien comment dire.

Nous avons éviter le plus basique des préjugés, le télétravailleur « glandouille » chez lui puisque son chef ne peut pas le surveiller.

Je ne sais pas quel est son objectif à propos du télétravail, je ne vois pas trop non plus sa ligne économique (en survolant quelques autres chroniques), peut-être veut-il faire de l’impolitiquement correct et aller à contre courant sur cette tendance.

Le télétravail, la vrai bonne idée d’avenir.

teletravail-cc-workplacePourquoi le télétravail est une vraie bonne idée et comment y arriver positivement ?

Parce que dans un monde (du travail) plus mobile, plus connecté, plus flexible, venir tous les jours, aux mêmes heures, faire son travail n’a plus vraiment de sens et d’utilité pour l’entreprise et le salarié.

Le télétravail un à deux jours par semaine est bénéfique pour le salarié, pour l’entreprise et pour la société.

C’est bénéfique pour le salarié qui sera moins fatigué, moins stressé par les transports. Un salarié responsabilisé, reconnu, autonome, plus libre, plus engager et donc plus productif pour l’entreprise.

C’est bénéfique pour son entreprise, un collaborateur plus engagé, plus productif, moins absent, plus positif, et une image meilleure pour la marque employeur, (une entreprise éco responsable, engagée RSE…) donc plus facile d’attirer des talents.

Enfin c’est bénéfique pour la société, moins d’utilisateurs des transports, moins de pollution ou moins d’usagers dans les transports publics aux heures de pointe, moins de besoins d’infrastructures nouvelles…

Tout se manage et c’est une relation de confiance.

Le journaliste présente des points d’alertes tout à fait réels mais il omet l’essentiel, le télétravail se prépare, s’accompagne, se manage. C’est une décision entre le télétravailleur, son manager et le reste de l’équipe. Et c’est basé sur une relation de confiance, très importante en économie comme en management, comme dans la vie quoi.

J’allais oublier la conclusion. Il pense que si Yahoo qui revient sur cette pratique et si les géants du net aménagent des bureaux, beaux, agréables, vivants c’est la preuve que le contact humain avec ses collègues de bureau, au bureau est la seule façon de travailler.

D’ailleurs – et c’est très contre-intuitif – quelles sont les entreprises en pointe contre le télétravail? Réponse : les champions d’Internet qui devraient pourtant être en avance dans cette nouvelle forme de travail à distance. Bien au contraire, Yahoo l’a même interdit en 2013. Les Google, Facebook et Apple rivalisent pour construire des bureaux, toujours plus beaux, toujours plus agréables – avec crèche, salle de détente, tables de ping-pong… – pour inciter leurs salariés à rester le plus possible au bureau. C’est finalement réconfortant de voir que les champions de la réalité virtuelle, savent que rien ne vaut le contact humain et les bons vieux collègues de bureau avec qui on parle de tout et de rien. C’est ça, le travail!

C’est vrai que la dirigeante de Yahoo est revenue sur cette pratique..et c’est la seule. Malheureusement pour elle et pour le journaliste, des études démontrent que le télétravail augmente la productivité et la créativité, à lire ici.

Les tiers lieux, l’oxygène des télétravailleurs.

Oui la tendance est aux bureaux  plus beaux, plus agréables, plus chaleureux, plus conviviaux pour apporter plus de bien-être au travail. Et oui les relations humaines demeurent incontournables. Pour ces deux raisons, les tiers-lieu du travail, espace de coworking… sont des solutions alternatives d’avenir pour les télétravailleurs. Ils y trouvent un environnement de travail professionnel très proche de chez eux, rencontrent d’autres salariés ou entrepreneurs pour partager et se nourrir intellectuellement hors de la pause café avec les bons vieux collègues (qu’on retrouvera le lendemain), le tout dans des espaces modernes, ouverts, inspirants et conviviaux.

Le travail c’est comme la pensée, c’est aussi « out of the box » qu’il faut aller.

La loi des robots qui font la loi ?

Je vous propose un petit retour en arrière avant de nous projeter dans l’avenir.

1984 est l’année titre du célèbre ouvrage de Georges Orwell, c’est aussi l’année de la sortie au cinéma du mythique film Terminator. Vous souvenez-vous de l’instigateur du déclenchement du « Jugement dernier » ? Ce n’est autre que Skynet, l’intelligence artificielle qui prend le contrôle du système de défense nucléaire américain.

Information inquiétante.

skynetCette semaine, nous apprenions (outre l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis…qui prend ainsi le contrôle du système de défense…) de la part de Google pour son programme de recherche sur les intelligences artificielles Google Brain, que deux IA ont réussi à communiquer dans un langage chiffré développé par elles deux sans que les chercheurs ou la troisième IA qui devait intercepter et suivre la conversation ne comprennent et déchiffrent les échanges. Les chercheurs voulaient savoir si des IA pouvaient développer de l’intelligence autonome, la réponse est oui et très rapidement !

Avez-vous lu Le cycle de Fondation d’Asimov ? Oui, bravo donc vous savez de quoi je veux parler, non (honte à vous, pas grave, trop de livres et pas assez de temps, je sais), voici le sujet. C’est un incontournable classique de la science fiction qui inspira de nombreux autres auteurs et présenté par les spécialistes comme « le mythe central du futur » et  » le point de départ de toute la cosmogonie de l’histoire future en science fiction » (le lien est indispensable, c’est quoi ce mot ^^). Et donc cet auteur qui imagina en premier presque tous les thèmes possibles en SF, des voyages dans le système solaire, aux empires galactiques, à la découverte d’autres forces, de la force (et oui il a inspiré Star Wars) aux robots avec son  » cycle des robots  » et donc ses fameuses lois :

  1. un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger ;
  2. un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi ;
  3. un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Au moment ou beaucoup écrivent sur l’intelligence artificielle, ses possibilités et ses risques, sur le développement des Cobots, ces robots collaboratifs qui assistent l’homme, Laurence Devilliers, Professeure en Informatique à Paris-Sorbonne et chercheuse et spécialiste des interactions homme-machine, de la modélisation des émotions et de la robotique sociale, livre 5 nouveaux commandements pour une relation heureuse avec nos prochains compagnons :

« Premier commandement : tu ne divulgueras pas mes données à n’importe qui.

Deuxième commandement : tu pourras oublier [quelque chose] si je te le demande.

Troisième commandement : tu apprendras et suivras les règles de la société.

Quatrième commandement : tu seras loyal et capable d’expliquer tes décisions.

Enfin, le cinquième, tu seras bienveillant et utile. Et pourquoi pas, doué d’un peu d’humour ! »

La grande question des lois des robots censées nous protéger, c’est qu’un jour une IA juge que la protection de l’humanité passe par l’élimination des humains, rien de moins.

Comme quelques autres personnalités, Stephen Hawking prédit l’intelligence artificielle comme « soit la meilleure soit la pire chose jamais arrivée à l’humanité« .

Un avis d’humain ?