Un candidat cohérent, un soutien logique.

Christophe Grandet Retzussir ensembleC’est avec beaucoup de plaisir (partagé je pense) que j’ai retrouvé Christophe Grandet en réunion publique à Saint Brevin à l’occasion de la campagne pour les élections législatives 2017.

Nous nous étions rencontrés une première fois il y a 5 ans, en 2012, à Saint Philbert de Grandlieu lors d’une de mes réunions publiques et nous nous étions tout de suite accordés, partageant les mêmes valeurs, la même vision de la société, le même humanisme, les mêmes constats et idées pour faire de la politique autrement, la même envie de s’investir pour transformer positivement la société et faire que nous vivions mieux ensemble ou que nous réussissions ensemble.

De ma courte expérience politique, j’en ai humblement déduit cet adage mis crument en lumière par l’actualité locale récente :

Il y a les candidats qui veulent un poste pour mettre en œuvre des idées et il y a les candidats qui utilisent des idées pour obtenir un poste.

On ne peut donc pas dissocier la personne des idées, les deux doivent être en cohérence sur le fond et sur la forme. Et il faut avoir le courage d’exprimer clairement ses positions et les défendre sur la durée,  c’est une question de confiance.

Christophe Grandet est de la première veine, de ceux qui s’investissent personnellement en temps et en argent pour le bien commun, pour la société, et non par ambition personnelle ou opportunisme.

À l’époque j’étais candidat, il était un citoyen du pays de Retz venu me soutenir, à mon tour d’être un citoyen soutenant le candidat député sans étiquette.

Le pari de l’intelligence collective.

unprojetcontemporain_EMSur quoi repose le succès d’Emmanuel Macron et du mouvement En Marche ! ? Et quels sont les enjeux maintenant ?

Pour tous les fins observateurs de la vie politique, ce succès est celui du bon timing, celui du rendez-vous de la bonne personnalité, d’un projet novateur avec une attente profonde dans la société.

Une attente profonde de la société pour le renouvellement des pratiques politiques et un sentiment profond d’une majorité de français trouvant le clivage droite / gauche totalement obsolète, dépassé, d’un autre temps. Car nous sommes au 21e siècle dans un monde ouvert, volatil, incertain, complexe et ambigu et dans cet environnement changeant, dans ce monde numérique en développement, les deux anciens grands partis des 40 dernières années pensaient encore tout penser, tout contrôler, tout décider au sein (secret) de l’appareil politique vainqueur de l’élection.

Celui qui gagne a raison sur tout, celui qui perd a tort sur tout.

Celui qui gagne a raison sur tout, celui qui perd a tort sur tout, cela résume assez bien pour moi l’état d’esprit des élus LR et PS de ces dernières décennies. Un mode de fonctionnement intellectuel binaire, un système politique qui rend idiot des gens intelligents. Mais un système utile car permettant malgré tout de conserver alternativement le pouvoir et des donc des postes à vie.

Il y a 10 ans un premier mouvement s’était fait l’écho et le représentant de ces attentes, le Mouvement Démocrate. 10 ans plus tard, un peu, beaucoup cabossé par les critiques acerbes et souvent légitimes, nous sommes heureux, je suis heureux de voir ces idées enfin s’affirmer.

La dynamique de la société civile.

Cette attente de renouveau des pratiques politiques (et donc des personnes, de celles qui refusaient ces changements) n’est pas nouvelle, elle émerge depuis longtemps, elle s’est construite petit à petit. Le modem annonçait En Marche, deux rassemblements en mouvement, deux rassemblements d’énergie et d’idées, le second a appris des erreurs du premier, mais cela reste la dynamique d’une société civile ouvertes en non figée dans des certitudes, voulant faire de la politique autrement pour mieux vivre ensemble.

Car le modèle politique classique ne peut plus survivre dans ce monde complexe. 30 ans que claudiquent droit et gauche. Aujourd’hui, chaque français est expert de son domaine et le redressement positif du pays passera par le choix de l’intelligence collective, par le choix du pluralisme, de l’écoute, de la compréhension des problématiques (un peu de bienveillance), par le choix de l’ouverture et de la co-construction de notre avenir.

Par des décisions, projet par projet, les plus justes et équilibrées, en cohérence avec le projet et les valeurs.

Le réagencement du paysage politique français se poursuit et s’accélère.

Les primaires inutiles ont seulement eut l’avantage de démontrer que les LR et le PS ne sont qu’illusion de cohésion. Le PS a implosé le premier (parce qu’il est au pouvoir), le parti LR va suivre même si tous disent le contraire pour conserver des sièges à l’assemblée. La défaite annoncée de François Fillon est à la fois personnelle et collective pour les LR.

unprojetcontemporainLa recomposition en marche, si je puis dire, se fera en étant ouvert d’esprit et en regardant l’avenir, loin des nostalgiques des années passées et du repli. Chacun d’entre nous a un passé, une histoire et des engagements politiques et chacun peut apporter ses idées, son énergie à la relance du pays sur la base de valeurs communes.

Il convient donc maintenant de choisir en sectarisme et ouverture et rassemblement.

Il convient de choisir entre conservateurs et progressistes pour les choix de société. D’être plus ou moins interventionniste, pour plus ou moins d’État, plus ou moins libéral dans l’économie. De choisir mieux de d’Europe ou pas d’Europe, un pays ouvert ou fermé.

Ce choix se fera au second tour de l’élection présidentielle et aux prochaines législatives, à suivre…donc pour savoir si l’esprit binaire continuera de bloquer l’intelligence collective.

Revolution@work

Doit-on encore parler des diverses manifestations pathologiques du mal être au travail ? Ces affections sont révélatrices des profonds dysfonctionnements de l’univers du travail. Face au désengagement des équipes le monde de l’entreprise doit se refonder. En effet, il faut trouver les solutions pour redonner du sens et du bien-être au travail et développer l’engagement des salariés. Le travail change, les usages, les attentes, les moyens changent et c’est maintenant qu’il faut en faire une dynamique. Et les solutions sont multiples.

Transformer les usages du travail pour permettre à l’intelligence collective de s’épanouir  est vital pour toutes les entreprises. Repenser l’écosystème global de l’entreprise est également vital pour continuer d’attirer des talents et pérenniser les entreprises.

Réinventer le monde du travail.

Dans mon projet d’ouverture de premiumworking,  un espace conjuguant efficacité professionnelle et bien-être au travail, parce que se sentir bien permet de travailler mieux, la « mission long terme » proposée aux résidents et coworkers sera de réinventer ensemble le nouveau style de vie au travail. C’est donc avec un grand intérêt que j’ai découvert  Révolution@work , et c’est avec un grand plaisir que j’ai lu  et vu en écho de ma réflexion, ce programme international dont l’objectif est de réinventer le travail.

Décloisonner.

Le 30 mars avait lieu à la Défense la présentation du programme de la seconde édition dont l’objectif est de décloisonner les méthodes et les réflexions sur le futur du travail.  La réinvention du monde du travail concerne tous les travailleurs et revolutionatwork veut réunir tous les acteurs et tous les décideurs.

Pour l’équipe organisatrice, les 3 composantes ci-dessous sont imbriquées et interagissent.

ScreenClipLa réinvention de l’entreprise passe par l’Homme. Le collaborateur devient un utilisateur averti, en quête de sens, exigeant face à des pratiques de collaboration qu’il évalue en fonction de ses usages. Cela positionne les organisations face à un besoin majeur de changement, vers de nouveaux modèles donnant plus de liberté et de capacité à l’individu, renouvelant le rôle des managers, repensant le leadership et créant les conditions d’une entreprise apprenante et ouverte à son écosystème.

Les changements sociétaux et le digital bouleversent nos modes de travail et poussent à réorganiser nos espaces de collaboration, pour faciliter les flexibilités, la transversalité, le partage et une plus grande ouverte à l’autre et au dehors. Réinventer ces espaces de travail devient un nouveau levier de performance et un outil au service d’organisations plus agiles, plus créatives, plus innovantes.

De nouveaux espaces de travail émergent au cœur ou en périphérie des villes, dans lesquels la spécialisation des lieux s’estompe. Leurs fonctions se décloisonnent et les quartiers d’affaires deviennent des lieux de vie connectés. Demain, ces quartiers autrefois vus comme inhospitaliers et impersonnels pourront devenir, au même titre que les tours qu’ils supportent, des lieux de création de valeur. C’est tout l’enjeu des grands quartiers d’affaires internationaux : devenir des lieux de vie et de collaboration, capable d’attirer et de retenir les talents.

Un sujet pluriel pour de multiple audience.

ScreenClip

Avec une approche systémique, la démarche est de faire se retrouver, se rencontrer dans un endroit commun pour (re)faire société, mieux vivre et mieux travailler ensemble par exemple.

Prochaine édition Revolution@Work, les 21 et 22 novembre 2017 au cœur Défense, Paris.

L’illusoire droit à la déconnexion ?

Le droit à la déconnexion pour les salariés dans un monde numérique serait-il illusoire ?

droit-a-la-deconnexion_unprojetcontemporainLa révolution numérique modifie en profondeur notre relation à l’espace et au temps. Je ne parle pas ici de téléportation ou autre sujet de science-fiction mais bien de ce nouveau pouvoir d’entrer en contact avec qui je veux, quand je veux, d’où je veux. Et c’est la même chose pour consommer ou rechercher des informations. Avec de la batterie, une connexion correcte et un son support informatique préféré du moment (mon smartphone, mon ordinateur portable, ma tablette…) je suis libre de travailler d’où je veux, quand je veux.

Depuis le 1er janvier est entré en vigueur le droit, inscrit dans la loi travail, à la déconnexion pour les salariés. Les entreprises de plus de 50 salariés ont l’obligation cette année d’aborder le sujet avec les partenaires sociaux lors des négociations annuelles « égalité professionnelle et bien-être au travail », un vaste programme. Faute de trouver un accord, les directions devront rédiger une charte de bonne conduite et sensibiliser les salariés à un usage raisonnable. Dans les autres entreprises, charte ou pas charte, l’accompagnement de ce changement reste ouvert.

Beaucoup d’articles évoquent ce sujet de la connexion permanente à son travail, du stress généré menant au burn-out en pointant un responsable, le développement du numérique et la multitude des outils.

Qui sont les responsables, les outils numériques ou les utilisateurs ?

Votre smartphone d’entreprise, votre ordinateur ou votre tablette de travail ne sont que des objets permettant de travailler en mobilité et ce changement s’accompagne. Vos outils sont ce que vous en faites. Si vous êtes accros aux réseaux sociaux, fan de toutes les applis possibles, ce n’est pas la faute du « free wifi », c’est votre choix ou une addiction… En milieu professionnel, l’absence de prise de recul, d’accompagnement des nouveaux usages, de management de ces changements, de pilotage des équipes au milieu de toutes les possibilités offertes par le numérique, des salariés sont soumis au » blurring « ce phénomène de porosité entre les sphères professionnelles et personnelles, même s’il n’est pas nouveau, il est accéléré par les outils digitaux.

Peut-on vraiment compartimenter nos vies pro et perso ?

unprojetcontemporain_connexionrsCar aujourd’hui beaucoup de salariés traitent leurs mails personnels au bureau, consultent et publient sur les réseaux sociaux à la pause-café, entre deux dossiers, pendant une réunion barbante ou répondent à des mails professionnels le soir à la maison ou le week-end. Donc le droit à la déconnexion devrait s’appliquer dans les deux cas, par réciprocité. Je ne t’envoie pas de mail travail après 19 heures mais tu ne consultes pas tes mails personnels et ton smartphone entre 9 heures 13 heures et 14 heures-19 heures sauf urgence… Cela te convient ? Moi, je ne suis pas certain de l’enthousiasme des équipes pour ce genre d’accord. D’autant que les demandes de BYOD (Bring Your Own Device) se développent, et oui les salariés souhaitent utiliser leur propre smartphone ou tablette pour les usages perso et pro, le casse-tête sécurité des DSI pour configurer tout ça ; autre sujet.

Car les nouvelles générations (et même toutes les générations) attendent de travailler autrement. Avec le numérique et les réseaux sociaux, c’est une attente de flexibilité, d’instantanéité, de mobilité, de décloisonnement qui se développe.

Il faut apprendre à gérer la possibilité d’une connexion illimitée, à l’accès à son réseau d’entreprise, à ses dossiers partout et tout le temps et c’est une responsabilité collective mais pour moi en premier lieu c’est une responsabilité des équipes managériales.

Une responsabilité des équipes managériales.

Il est du devoir des managers d’être les catalyseurs du changement et un devoir de former chaque collaborateur à optimiser son temps de travail et son organisation. La bonne blague française du collègue de bureau qui te lance dans l’open space « tu prends ton après-midi quand tu pars vers 18 heures » ; situation qui souvent t’oblige à te justifier… est un syndrome pesant et bloquant pour avancer vers le travail flexible de demain (et déjà d’aujourd’hui). C’est donc une responsabilité des managers de développer le travail en mode flexible mais flexible pour tous, en s’inspirant des méthodes des entreprises libérées ?

C’est une responsabilité des managers que de comprendre qu’un collaborateur ne pourra pas travailler « à 100 % » toute l’année, que la pression se distille avec parcimonie selon des contextes précis et des situations particulières. La gestion de sa forme physique et psychique est un gage de performance durable et de bien-être au travail. Donc le SMS sur le téléphone pro à 21 h 30 pour traiter un mail professionnel urgent est acceptable par un collaborateur engagé sur un dossier sensible parce qu’il en mesure les enjeux et cela doit rester de l’urgent très exceptionnel et c’est de la responsabilité du manager de le savoir, de le faire savoir et de l’appliquer.

burnout_unprojetcontemporainC’est de l’irresponsabilité managérial que d’alimenter (d’abreuver, de gaver) ses collaborateurs à toute heure du jour et de la nuit et toute l’année, de mails de relance, d’information, de to do, de pour action asap…D’urgence remplaçant une urgence, de priorité écrasant celle de la veille… C’est de l’incompétence organisationnelle et managériale.

Car la tentation de l’omniprésence au travail est réelle pour beaucoup de salariés manager pensant que leur boss verra en eux un super collaborateur, ultra-impliqué, superperformant…

C’est une responsabilité des managers de construire une relation de confiance forte avec ses collaborateurs car l’attente au travail qui arrive c’est « je veux travailler d’où je veux, quand je veux, comment je veux, avec qui je veux ». Les salariés attendent des règles managériales claires et partagées sur l’autonomie et les responsabilités de chacun (la liberté et les responsabilités vont toujours de pair). Les collaborateurs attendent et apprécient de travailler en mode projet cela suppose de la flexibilité et de la confiance. L’un des rôles du manager est de créer un cadre de travail épanouissant pour chacun, favorisant l’intelligence collective, donc basé sur la confiance, basé sur la responsabilité de chacun à gérer son temps de travail car le manager sait que ses collaborateurs sont concentrés sur les missions et les objectifs à atteindre.

Et les entreprises qui bloqueront sur ces éléments verront l’engagement des équipes baisser, n’attireront plus les talents, subiront un fort turn-over des compétences et stagneront. Il faut apprendre à travailler différemment ensemble.

Une responsabilité personnelle.

Pour allier efficacité professionnelle et bien-être au travail il n’est pas sage de vouloir être connecté en permanence car on se déconnecte de soi-même et des autres. Le droit à la déconnexion n’est pas affaire de loi mais de la volonté de chacun à s’autoriser la déconnexion pour son bien-être personnel.

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C’est l’intelligence de chacun de comprendre les situations. Pendant quelle période je travaille intensément et quel moment est mon univers personnel pour me retrouver, me ressourcer ? Parce que la déconnexion n’est pas seulement le moment où j’appuie sur le bouton on/off de mon ordinateur ou de mon smartphone. Déconnecter c’est aussi (et surtout) arriver à ne plus penser le soir ou le week-end aux dossiers, aux négociations, aux projets en cours et ça, ce n’est pas facile. S’autoriser la déconnexion c’est cela, s’autoriser du temps personnel qui détend et ressource et chacun sait ce qui lui fait du bien, du sport, de la marche, du jardinage, de la lecture, des sorties entre copains…

Le droit à la déconnexion c’est aussi le choix de ne pas déconnecter le temps du lancement d’un projet enthousiasmant, passionnant, le temps d’une prise de poste…

Mais sur la durée, autorisez-vous à bien vivre. C’est pour chacun, trouver son équilibre de vie perso/pro ; et cet équilibre varie pour chacun d’entre nous et varie selon les saisons, c’est notre rythme personnel.

Si votre supérieur ne comprend pas cela, la loi vous protégera peut-être mais le fond du problème reste que votre supérieur n’est pas au top de ses compétences managériales et il est fort à parier que cela se retrouve dans d’autres situations de votre relation professionnelle.

C’est une responsabilité des managers que de comprendre et d’accepter les relations différentes au temps et les rythmes de chaque individu. Plus du soir, du matin, bof l’hiver mais plein de vitalité aux beaux jours.

L’entreprise a tout intérêt à préserver ses salariés des risques d’épuisement par une incapacité à « débrancher », par des charges de travail illogiques et intenables sur la durée. Bien sûr, il y a un travail pédagogique à entreprendre sur la bonne utilisation des médias sociaux, sur les bonnes pratiques à l’intention des salariés et en particulier des managers. Mais il y a encore un second travail, plus indirect et profond, qui consiste à redonner le sens du temps pour des activités permettant de se ressourcer, d’apaiser l’esprit et le corps. Il s’agit de savoir bien calibrer sur la durée les charges de travail.

L’environnement motivant.

Nous savons bien maintenant qu’il est impossible de motiver quelqu’un, on peut seulement lui fournir l’environnement dans lequel il s’épanouira et se motivera.

L’entreprise et les managers doivent donc fournir cet environnement.

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L’espace pause café-déjeuner chez Airbnb – Portland

Il me semble qu’avant d’instaurer un droit à la déconnexion (loi qui protégera des excès), nous devrions nous obliger à réclamer un droit au bon management. Car c’est à mon sens une des explications de notre pessimisme latent, de notre atonie économique, nous souffrons des mauvais managers.

Le numérique est entré dans nos vies, les frontières s’effacent, à nous de réagencer nos journées, à nous d’apprendre à nous servir intelligemment des nouveaux outils et des nouvelles technologies, de trouver en expérimentant de nouveaux équilibres dans nos vies pro et perso plutôt que de vouloir (compartimenter) cloisonner des sujets qui ne le sont plus. Éduquons et formons les managers et les collaborateurs au lieu de seulement légiférer.

La démocratie en zone noire.

Je republie cet article posté sur mon ancien blog car l’affaire Fillon illustre le sujet du livre « Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts » dont je donnais un rapide résumé.

Mon propos n’est pas un énième article sur cette affaire mais de vous apporter des éléments concrets d’explications du jugement des électeurs sur cet épisode hallucinant de la vie politique du pays. Et vous pourrez trouver dans quel groupe vous entrez en matière de relation au favoritisme et autres infractions liées aux mandats électoraux 😉

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Il y a 6 ans j’intitulais ce post « la démocratie en zone grise », vous comprendrez plus bas la raison de mon choix pour le noir et ce nouveau titre « La démocratie en zone noire ».

C’est peut-être légal mais est-ce moral ?

Il me semble que les Français n’acceptent plus certains passe-droits, les arrangements de toujours, les petits abus de biens sociaux possibles grâce à des postes ou des mandats électoraux. Pourquoi ce changement ? Parce que la crise économique perdure, que l’avenir reste très incertain, volatile, compliqué, que la vie quotidienne de millions de nos concitoyens se durcie chaque mois, et que recevoir depuis si longtemps des leçons d’élus protégés des crises, protégés (éloignés ?) des réalités, des difficultés, ne passe plus.

Contrairement à ce que pensent nos représentants politiques, ce ne sont pas les idées qui décident de l’avenir mais le quotidien vécu.

Crise économique, sociale, culturelle, identitaire, défiance vis-à-vis du politique, découragement, sentiment de déconnexion, de trahison, d’exclusion, dégout, rupture,  d’avec les élites (réelles ou supposées) est une réalité démontrée par de multiples études politiques.

Et François Fillon qui gagna la primaire en partie grâce à sa posture de probité, dégringole violemment. Pour deux raisons, deux profondes déceptions pour les Français.

Premièrement parce qu’en période de crise, plus qu’en toute autre période il faut être exemplaire, c’est ce qui était promis aux Français, violente déception.

Deuxièmement parce qu’une majorité d’électeurs pensaient voter pour lui avec un réel espoir de choisir le dernier homme de la situation pour redresser le pays, là encore, violente déception, sentiment de trahison.

Et donc les français poussent le curseur de tolérance vers le niveau zéro.

Voici l’article republié :

Peut-être remarquez-vous avec étonnement qu’au détour d’une conversation sur la probité, sur l’intégrité des responsables politiques impliqués dans une affaire, vos interlocuteurs trouvent des excuses, de la tolérance pour des faits avérés. La question que nous nous posons tous à ce moment-là et de comprendre pourquoi existe cette distorsion de jugement au-delà des affinités politiques ? C’est que vous êtes entrés dans la zone grise de la démocratie telle que l’explique Pierre Lascombes dans son dernier livre, Une démocratie corruptible – Arrangements, favoritisme et conflits d’intérêts – (Chez Seuil, la République des idées).

Ainsi l’auteur nous détaille les trois phases chromatiques d’appréciations par les citoyens des différentes formes de « corruption », blanche, grise et noire.

Avant tout, comment s’explique cette échelle de tolérance ou de réprobation ? Parce que nous dit l’auteur :

« La culture civique française se caractérise par un écart entre, d’une part, de fortes références au légalisme et à la moralité publique et, de l’autre, une large tolérance à l’égard du favoritisme et de la recherche d’avantages individuels ».

L’appréciation personnelle de chaque affaire, varie selon la signification que nous donnons à des termes comme corruption, conflit d’intérêts, arrangement, abus de biens sociaux… varie selon les cas aux justifications et excuses avancées pour qualifier la déviance et enfin, varie selon notre manière de se représenter la responsabilité politique.

Donc en fonction du type d’acteur impliqué, du type de faveur en cause (individuelle, collective directe ou indirecte), du type de bénéficiaire (agent public, citoyen) et en fonction du montant de la faveur accordé, nos jugements différeront et s’établiront sur 3 zones.

  • La zone blanche est pour la grande majorité de français un consensus de tolérance pour des actes jugés « peu graves ». Une sorte de bienveillance pour du petit favoritisme de proximité teintée de déni d’infraction à l’équité. Je tolère parce que je pourrais en profiter un jour…
  • La zone grise est la zone de dissension, de débat, j’y reviens plus bas.
  • La zone noire est la réprobation par la majorité d’actes de « corruptions d’élus ou de fonctionnaires, le détournement d’argent public, tromperie, mensonge et la défense d’intérêts économiques particuliers. »

Ainsi la zone grise dans notre démocratie est ce lieu trouble où s’équilibrent les tolérances et réprobations des citoyens. Pierre Lascoumes décrypte à travers son étude les attitudes des Français par rapport au favoritisme et à l’instrumentalisation du politique, cela compose 4 groupes :

  1. Les dénonciateurs pessimistes, inquiets des corruptions et dérives très répandues. En recherche d’intégrité républicaine.
  2. Les tolérants optimistessont eux confiants dans les institutions et ne pensent pas qu’il y ait beaucoup de corruptions, ils tolèrent le petit favoritisme mais sont méfiants envers la sphère économique et financière.
  3. Les pragmatiques inquietssont curieux car ils acceptent passe-droit et favoritisme mais considérer comme élevé le niveau d’atteinte à la probité politique. Ce sont les porteurs du message c’est mal mais c’est comme ça.
  4. Les réprobateurs réalistes, à la fois rigoristes et réalistes, réprouvent ces pratiques illégales mais jugent que ces problèmes ne sont pas majeurs.

Pour sortir de notre démocratie corruptive, de nouvelles règles sont à introduire ou à renforcer, Transparence France en propose, mais dans le triptyque élu décideur, solliciteur de corruption et citoyen, nous avons l’obligation de réduire la zone grise par nos actions vigilantes.

Télétravail, la vraie bonne idée.

teletravailJ’ai découvert la chronique d’Axel de Tarlé sur le télétravail, publiée la semaine dernière dans le JDD avec ce titre : «  Télétravail la fausse bonne idée« .

Tiens pourquoi donc est-ce une fausse bonne idée, moi qui suis convaincu du contraire ?

En introduction le chroniqueur nous parle, ou plutôt parle à tous les français qui galèrent dans leur trajet domicile travail, et c’est assez positif :

Fini les allers-retours interminables. Une enquête Ipsos publiée cette semaine montre que 65 % des Français sont favorables au télé­travail. Travailler depuis chez soi, le bonheur! Plus de bouchons, plus de pollution, et une grande maison… à la campagne, pour vivre en harmonie avec les siens! La bonne nouvelle c’est qu’Internet permet enfin le télétravail. Bientôt, les réunions se feront à distance, par hologramme. La mauvaise nouvelle, c’est que le télétravail est la fausse bonne idée par excellence.

Et puis, quelle sentence, « la mauvaise nouvelle, c’est que le télétravail est la fausse bonne idée par excellence », quels sont les arguments, lisons la suite.

Le journaliste adresse plusieurs griefs tout à fait juste, le risque d’isolement, la fin des horaires…de bureau, l’absence de relations humaines (au bureau), tous très pertinents mais il oublie de mentionner l’essentiel, nous le verrons par la suite.

C’est d’abord un mauvais choix pour le salarié qui se retrouve dans un tête-à-tête mortifère avec son ordinateur.

C’est vrai mais combien de salariés français sont en tête-à-tête avec leur ordinateur ET au bureau. Tout dépend du sens de son travail et de l’intérêt des missions et des dossiers et de son environnement de travail. Combien de salarié en open space travaille en tête-à-tête avec leur ordinateur et casque sur les oreilles ?  Peut-être qu’Axel de Tarlé trouve le temps long, à en mourir, devant son ordinateur chez lui à rédiger des chroniques, allez savoir ?

Plus grave, il va se laisser déborder par sa vie professionnelle. L’absence de séparation bureau-domicile fait que le salarié va être hanté par son travail vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le soir, le week-end, les jours fériés. On n’est pas loin de l’esclavage.

Un salarié en télétravail serait au bord de l’esclavage, ce n’est pas ce type de travail que j’associe d’emblée à l’esclavage, il y a d’autres conditions plus épouvantables que de travailler de chez soi avec un ordinateur un à deux jours par semaine. Bref, passons l’excès de langage, le journaliste a toutefois raison d’alerter sur ce phénomène de blurring, la superposition et le flou des moments de vie professionnelle et de vie privé. Je signale que ce problème concerne des salariés, souvent des cadres, qui ne font pas de télétravail mais qui sont pris dans une organisation et un management qui omettent le droit à la déconnexion.

Mais, le télétravail est aussi une très mauvaise solution pour l’entreprise. C’est connu, les bonnes idées qui vont révolutionner l’entreprise, naissent d’une discussion anodine à la machine à café. Travailler, ce n’est pas effectuer une liste de choses à faire dans la journée, c’est interagir avec les autres.

Et dernière mauvaise raison de télétravailler, on est seul chez soi et on ne peut pas prendre part aux discussions créatrices et innovantes de la pause café. Bon je veux bien entendre le sujet d’isolement (déjà évoquer en premier) mais dire que cela devient un danger pour le dynamisme créatif informel de l’entreprise si un collaborateur manque à l’appel lors de la pause café,…et bien comment dire.

Nous avons éviter le plus basique des préjugés, le télétravailleur « glandouille » chez lui puisque son chef ne peut pas le surveiller.

Je ne sais pas quel est son objectif à propos du télétravail, je ne vois pas trop non plus sa ligne économique (en survolant quelques autres chroniques), peut-être veut-il faire de l’impolitiquement correct et aller à contre courant sur cette tendance.

Le télétravail, la vrai bonne idée d’avenir.

teletravail-cc-workplacePourquoi le télétravail est une vraie bonne idée et comment y arriver positivement ?

Parce que dans un monde (du travail) plus mobile, plus connecté, plus flexible, venir tous les jours, aux mêmes heures, faire son travail n’a plus vraiment de sens et d’utilité pour l’entreprise et le salarié.

Le télétravail un à deux jours par semaine est bénéfique pour le salarié, pour l’entreprise et pour la société.

C’est bénéfique pour le salarié qui sera moins fatigué, moins stressé par les transports. Un salarié responsabilisé, reconnu, autonome, plus libre, plus engager et donc plus productif pour l’entreprise.

C’est bénéfique pour son entreprise, un collaborateur plus engagé, plus productif, moins absent, plus positif, et une image meilleure pour la marque employeur, (une entreprise éco responsable, engagée RSE…) donc plus facile d’attirer des talents.

Enfin c’est bénéfique pour la société, moins d’utilisateurs des transports, moins de pollution ou moins d’usagers dans les transports publics aux heures de pointe, moins de besoins d’infrastructures nouvelles…

Tout se manage et c’est une relation de confiance.

Le journaliste présente des points d’alertes tout à fait réels mais il omet l’essentiel, le télétravail se prépare, s’accompagne, se manage. C’est une décision entre le télétravailleur, son manager et le reste de l’équipe. Et c’est basé sur une relation de confiance, très importante en économie comme en management, comme dans la vie quoi.

J’allais oublier la conclusion. Il pense que si Yahoo qui revient sur cette pratique et si les géants du net aménagent des bureaux, beaux, agréables, vivants c’est la preuve que le contact humain avec ses collègues de bureau, au bureau est la seule façon de travailler.

D’ailleurs – et c’est très contre-intuitif – quelles sont les entreprises en pointe contre le télétravail? Réponse : les champions d’Internet qui devraient pourtant être en avance dans cette nouvelle forme de travail à distance. Bien au contraire, Yahoo l’a même interdit en 2013. Les Google, Facebook et Apple rivalisent pour construire des bureaux, toujours plus beaux, toujours plus agréables – avec crèche, salle de détente, tables de ping-pong… – pour inciter leurs salariés à rester le plus possible au bureau. C’est finalement réconfortant de voir que les champions de la réalité virtuelle, savent que rien ne vaut le contact humain et les bons vieux collègues de bureau avec qui on parle de tout et de rien. C’est ça, le travail!

C’est vrai que la dirigeante de Yahoo est revenue sur cette pratique..et c’est la seule. Malheureusement pour elle et pour le journaliste, des études démontrent que le télétravail augmente la productivité et la créativité, à lire ici.

Les tiers lieux, l’oxygène des télétravailleurs.

Oui la tendance est aux bureaux  plus beaux, plus agréables, plus chaleureux, plus conviviaux pour apporter plus de bien-être au travail. Et oui les relations humaines demeurent incontournables. Pour ces deux raisons, les tiers-lieu du travail, espace de coworking… sont des solutions alternatives d’avenir pour les télétravailleurs. Ils y trouvent un environnement de travail professionnel très proche de chez eux, rencontrent d’autres salariés ou entrepreneurs pour partager et se nourrir intellectuellement hors de la pause café avec les bons vieux collègues (qu’on retrouvera le lendemain), le tout dans des espaces modernes, ouverts, inspirants et conviviaux.

Le travail c’est comme la pensée, c’est aussi « out of the box » qu’il faut aller.

La loi des robots qui font la loi ?

Je vous propose un petit retour en arrière avant de nous projeter dans l’avenir.

1984 est l’année titre du célèbre ouvrage de Georges Orwell, c’est aussi l’année de la sortie au cinéma du mythique film Terminator. Vous souvenez-vous de l’instigateur du déclenchement du « Jugement dernier » ? Ce n’est autre que Skynet, l’intelligence artificielle qui prend le contrôle du système de défense nucléaire américain.

Information inquiétante.

skynetCette semaine, nous apprenions (outre l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis…qui prend ainsi le contrôle du système de défense…) de la part de Google pour son programme de recherche sur les intelligences artificielles Google Brain, que deux IA ont réussi à communiquer dans un langage chiffré développé par elles deux sans que les chercheurs ou la troisième IA qui devait intercepter et suivre la conversation ne comprennent et déchiffrent les échanges. Les chercheurs voulaient savoir si des IA pouvaient développer de l’intelligence autonome, la réponse est oui et très rapidement !

Avez-vous lu Le cycle de Fondation d’Asimov ? Oui, bravo donc vous savez de quoi je veux parler, non (honte à vous, pas grave, trop de livres et pas assez de temps, je sais), voici le sujet. C’est un incontournable classique de la science fiction qui inspira de nombreux autres auteurs et présenté par les spécialistes comme « le mythe central du futur » et  » le point de départ de toute la cosmogonie de l’histoire future en science fiction » (le lien est indispensable, c’est quoi ce mot ^^). Et donc cet auteur qui imagina en premier presque tous les thèmes possibles en SF, des voyages dans le système solaire, aux empires galactiques, à la découverte d’autres forces, de la force (et oui il a inspiré Star Wars) aux robots avec son  » cycle des robots  » et donc ses fameuses lois :

  1. un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger ;
  2. un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi ;
  3. un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Au moment ou beaucoup écrivent sur l’intelligence artificielle, ses possibilités et ses risques, sur le développement des Cobots, ces robots collaboratifs qui assistent l’homme, Laurence Devilliers, Professeure en Informatique à Paris-Sorbonne et chercheuse et spécialiste des interactions homme-machine, de la modélisation des émotions et de la robotique sociale, livre 5 nouveaux commandements pour une relation heureuse avec nos prochains compagnons :

« Premier commandement : tu ne divulgueras pas mes données à n’importe qui.

Deuxième commandement : tu pourras oublier [quelque chose] si je te le demande.

Troisième commandement : tu apprendras et suivras les règles de la société.

Quatrième commandement : tu seras loyal et capable d’expliquer tes décisions.

Enfin, le cinquième, tu seras bienveillant et utile. Et pourquoi pas, doué d’un peu d’humour ! »

La grande question des lois des robots censées nous protéger, c’est qu’un jour une IA juge que la protection de l’humanité passe par l’élimination des humains, rien de moins.

Comme quelques autres personnalités, Stephen Hawking prédit l’intelligence artificielle comme « soit la meilleure soit la pire chose jamais arrivée à l’humanité« .

Un avis d’humain ?

 

Les 10 compétences attendues en 2020.

screenclipUne récente étude « The Future of Jobs »  annonçait les 10 principales compétences comportementales ou habilités personnelles attendues en 2020. Invoquant  les mutations en cours et à venir de la quatrième révolution industrielle, c’est-à-dire toujours plus d’objets connectés, plus d’intelligence artificielle, une profusion d’innovations dans tous les domaines, des progrès dans la bio technologie par exemple, l’essor des robots et des cobots (les robots collaborateurs de l’humain), etc, l’analyse annonce pour nous tous, un environnement de vie en changement et un monde du travail bouleversé. Des métiers vont disparaître et de nouveaux apparaîtront. Certains disent que dans les 10 prochaines années, 70 % des fonctions et métiers n’existent pas encore, impossible pensez-vous ? Souvenez-vous que Facebook a à peine plus de 11 ans, un gamin maintenant incontournable.

Les évolutions entre 2015 et 2020.

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Dans cette liste des 10 compétences personnelles et relationnelles vous remarquerez des changements notables entre 2015 et 2020 au-delà de la permanence en n°1 de la capacité à résoudre des problèmes complexes. La créativité progresse fortement à la troisième place juste derrière la pensée critique.

  1. Résolution de problèmes complexes
  2. Pensée critique
  3. Créativité
  4. Gestion des équipes
  5. Coordination
  6. Intelligence émotionnelle
  7. Jugement et prise de décision
  8. Souci du service client
  9. Négociation
  10. Souplesse cognitive

Une liste logique.

A y regarder de plus près, la liste est assez logique est cohérente.

Nous évoluons dans un environnement complexe, compliqué, en mouvement, changeant et savoir résoudre les problèmes qui surviennent est incontournable. C’est aujourd’hui le sujet crucial pour toutes les organisations, toutes les entreprises.

Le choix est simple, soit l’entreprise choisit de faire comme d’habitude, soit elle choisit d’avancer et de s’adapter, donc de résoudre des problèmes complexes (ce qui ne veut pas dire trouver des solutions compliquées).

Pour répondre à ces problèmes complexes, (Point 1) il s’agit d’être capable de comprendre les interactions en jeu, une approche systémique ou holistique du monde, être capable de prendre la décision qui satisfera le mieux ses priorités, ses critères du moment et ses objectifs.

Prendre une décision c’est savoir faire preuve d’une pensée critique et savoir sortir du cadre si besoin, être créatif (Points 2 & 3).

Résoudre un problème c’est aussi analyser et juger, c’est assumer de prendre des décisions.(Point 7)

C’est également mobiliser son intelligence émotionnelle et sa souplesse cognitive pour négocier et trouver des solutions équilibrées, c’est encore être capable d’écouter des approches nouvelles émanant de ses équipes. (Point 6, 9 & 10)

D’autres études et d’autres constats (sur lesquels se base aussi l’entreprise libérée) montre que les collaborateurs les plus performantes, ceux qui prennent les meilleures décisions dans le souci du meilleur service aux clients, sont ceux qui osent prendre leur distance avec les consignes et les procédures en place en établissant des formes de coopérations entre collègues ou entre services. (Points 4, 5 & 8) (et sujet à méditer pour les managers autoritaires)

Dans mon prochain billet je reviendrai sur la compétence et habileté personnelle attendue n°2, la pensée critique. Une aptitude qui me semble essentielle et qui fait défaut notamment à l’écoute des non-débats et commentaires politiques.

Décathlon va au plus près des clients.

Une vraie bouffée d’oxygène positif ce rendez-vous avec le directeur du Décathlon de Pornic un matin de ce mois d’août pour échanger à propos du magasin saisonnier que l’enseigne a ouvert à Saint Brévin l’Océan.

20160917_170356J’aime le commerce, ses évolutions, ses transformations, toutes les tentatives et initiatives pour toujours mieux satisfaire les clients et lorsque j’ai découvert un « petit » Décathlon proche de chez moi, je me suis dit que je voulais en savoir plus sur ce distributeur allant vers ses clients potentiels, voilà du » retail « de proximité et saisonnier, creusons le sujet. Grâce à des contacts, j’ai obtenu un rendez-vous avec le responsable du projet, je vous en livre la synthèse ainsi que mes observations.

Pourquoi une bouffée d’oxygène?

Rien à voir avec le succès du masque Breath (bon là j’arrête on va croire que je suis payé par la marque) mais une bouffée d’oxygène positive à plusieurs titres, commercial et managérial (deux de mes sujets professionnels de prédilections).

J’ai rencontré des vendeurs et un manager biens dans leur peau, épanouis, impliqués, contents de faire du commerce et par les temps qui courent ça fait du bien car ces derniers mois (même ces dernières années, ma balance de shopping expérience penche plus du côté bof que du côté, Whaouh). Alors rencontrer des vendeurs qui savent accueillir et s’occuper de vous, qui prennent des initiatives, rencontrer des managers qui construisent en équipe, ça fait vraiment du bien.

SAM le capitaine retail gagnant.

Avec un consommateur qui a pris le pouvoir, oui nous consommateurs, nous sommes devenus impatients, zappeurs, volatiles, exigeants jusqu’à la contradiction de nos envies. Les distributeurs, les retailers modernes doivent alors gagner en vivacité, en instantanéité, en souplesse. Je lisais récemment un article (que je ne retrouve plus…) et qui synthétisait ceci avec cet acronyme anglais SAM : Services maximize / Avoid negative emotions / Minimize custumer efforts et bien c’est un peu l’approche de cette initiative.

La démarche commerciale et économique.

L’idée d’ouvrir le point de vente saisonnier est venue d’un test réalisé l’année dernière à Fréjus pour trouver des solutions face à l’affluence touristique donc la saturation des espaces de ventes et répondre au pic saisonnier et ses problèmes de déplacements. La question était en amont de trouver le lieu idéal sur la zone de chalandise du magasin pour recruter le maximum de nouveaux clients sans trop cannibaliser le Décathlon de Pornic.

Saint Brévin l’Océan se présentait comme le lieu permettant d’augmenter le plus la pénétration de la marque, il fallait maintenant trouver dans l’idéal un local d’environ 100 m² proche de la grande plage. Faute d’une offre immobilière commerciale adéquate, c’est avec une surface de 40 m² que l’équipe s’est exprimée tout l’été, un véritable challenge de définition d’assortiment et de merchandising. Et oui quels seront les besoins de ces clients, plus de techniques que de textile, plus de dépannage camping que de loisir ? Un bon test d’assortiment pour tous les category manager ;-).

L’équipe a ainsi fait évoluer son offre vers plus de produit loisir type cerf-volant et sports de plage et penser devoir faire des arbitrages plus tranchés pour la saison prochaine.

Un parcours client cross canal.

Toutes les personnes interrogées (clients ou non) m’ont parlé de « surprise de trouver un Décat ici » et d’ajouter « c’est bien on n’a pas besoin de courir ailleurs pour acheter un ballon «. D’autres ont parlé concurrence mais pas celle du Leclerc Sport mais du commerce de proximité « c’est bien mais ça va drôlement concurrencer le bazar de la Poste ». Nous sommes bien dans une offre et un service de proximité.

En complément de l’offre présentée, vous retrouviez une borne interactive online présentant l’assortiment global de la marque pour commander vos produits avec un service click & collect local ainsi qu’une incitation à visiter le magasin principal. Une synergie qui a semblé fonctionner.

Le triple objectif semble atteint à mon sens. Le test grandeur nature avant reconduction la saison prochaine (et un déploiement national ?), la volonté de mieux couvrir la zone de chalandise en saison estivale en venant au plus près du client et consolider l’image de marque positive de l’enseigne.

Comment avec un local de vente de 40 m² en faire un point de rencontre et d’échanges avec les consommateurs, les surprendre et les satisfaire dans leur parcours d’achat ?

En osant et c’est réussi, c’est faire vivre une expérience unique positive adaptée aux vacances en bord de mer, une belle réponse cross canal.

Honte d’être un homme ?

Ai-je, comme je l’ai entendu cette semaine de la bouche d’un écrivain historien, honte d’être un homme, honte de mon genre ? Ai-je honte d’être un homme, un semblable de ceux qui portent la violence contre les femmes ?

Une vidéo et un livre.

Par sérendipité sur Facebook (et je ne glisserai pas ce sujet dans la liste de mes sérendipités mensuelles), je tombe sur une vidéo partagée par un ami. Une vidéo annonçant que « cette femme a eu le tort de ne pas voiler son visage« . Sur l’image fixe on voit effectivement une femme voilée dont on distingue le visage entourée d’un groupe de miliciens en armes dans une rue d’une ville en guerre, peut-être en Syrie. Après une hésitation, j’ai lancé la vidéo qui dure plusieurs minutes.

Cette femme seule dont il est difficile de donner un âge, mais elle pourrait être une mamie, est entourée d’hommes en armes, plus ou moins jeunes, en armes, vêtus d’uniformes de l’armée ou en civil, une bonne vingtaine de guerriers. Elle est invectivée par un homme qui semble le chef du groupe, il lui parle et parle en même temps au public. Le public est uniquement composé de ces hommes en armes, pas un civil ne traine là, des hommes qui filment et photographient la scène, invectivent, bougent, s’amusent du moment. Plusieurs fois des hommes s’approchent d’elle et lui intiment l’ordre de s’agenouiller, ce qu’elle refuse jusqu’à un moment.On se demande ce qu’ils vont faire, ce qui va se passer, on pense au pire mais en même temps on se dit que ce n’est possible. A genou devant le prêcheur, elle ne bouge presque plus, la tête basse et la vidéo qui dure, dure encore, elle lève une ou deux fois un regard vers ce chef de guerre qui est emportait par ses paroles, les smartphones sont aussi nombreux que les fusils, ces guerriers tournent autour de la scène et soudain le chef se tait, fait un signe à son acolyte qui sort un pistolet et tire un balle dans la nuque de cette pauvre femme. Effroi.

Comment est-ce possible ?

Ma première et unique pensée…et cette vidéo, obsédante.

screenclipPlus tard dans la soirée, je tombe sur l’invité littéraire du Grand Journal de Canal+ Ivan Jablonka pour son livre « Lætitia ou la fin des hommes » qui traite du drame vécu par cette jeune fille tuée en 2011 (dans la région). L’auteur a cherché à comprendre sa vie et a voulu lui rendre joie et vie et la sortir de sa catégorie « fait divers ». Un livre à la fois enquête, histoire vécue et sciences sociales contemporaines. Et l’auteur d’avoir ces paroles lors de l’émission (1) :

[ La vie de Laëtitia s’est passée dans la violence misogyne, elle a traversé à peu près tout le spectre des violences masculines, violences verbales, physiques, sexuelles de la part des hommes qu’elle a croisé. ] [je suis sorti de mon enquête sonné, on se dit c’est pas possible, qu’est-ce que c’est qu’être un homme aujourd’hui ? Est-ce que la masculinité doit rimait avec agressivité et violence ? Est-ce qu’il y a une autre manière d’être un homme, un père ? ][Est-ce que la société c’est des femmes vulnérables et des hommes agressifs ? ]

Alors oui quelques fois comme Ivan Jablonka, je peux avoir honte d’être un homme face à la cruauté et à l’inhumanité gratuite de mes semblables masculins.

 

1 – A partir de 9’30 sur la vidéo.

Le mauvais manager n’a pas d’âge.

29145_ttÀ la faveur des apéros de la période estivale qui se prolonge, (ne pas prendre l’apéro nuit gravement à votre santé sociable) nous rencontrons tous de nouvelles personnes. Et coïncidence, hasard ou air du temps, plusieurs personnes rencontrées récemment exprimaient leurs problèmes managériaux au sein d’entreprise de renom. Je retiens deux histoires, celles de deux salariés d’une génération d’écart, l’un travaillant dans une grande chaîne de restauration, l’autre est commercial dans la grande distribution pour une marque alimentaire – mondialement connue. Deux parcours distincts mais un point commun, un actuel désenchantement au travail à cause « de managers qui ne font que donner des ordres et contrôler votre travail ».

Encore des managers Command and Control.

Ma première histoire est celle d’une jeune employée managée par un jeune responsable, ils sont de cette même génération Y. Logiquement ouverte, curieuse, entreprenante mais chaque initiative de l’employé est sur le champ désapprouvée, par exemple, échanger quelques mots avec un client fidèle (ce qui semble évident dans un bar restaurant) même pendant le « coup de feu ». Vous ne serez pas surpris d’apprendre que cet établissement connaît un turnover important.

La seconde histoire est celle d’un commercial très expérimenté, maîtrisant les ressorts de la relation commerciale de qualité dans un univers stressant, qui obtient, année après année les meilleurs résultats de l’entreprise mais qui s’est vu réprimandé comme un gosse en réunion d’équipe (je vous laisse juge de la qualité du manager) pour un problème de publicité bancale sur une mise en avant promotionnelle. Et pourquoi ce sujet était-il au centre des préoccupations ? Parce que le grand directeur Europe ayant fait un « storecheck » la semaine précédente, avait constaté ce problème sur une mise en avant massive dans un hypermarché à gros potentiel.

Ce dernier exemple illustre bien le dysfonctionnement complet de l’organisation et donc des priorités de la hiérarchie. Les bonnes questions à se poser étaient : Ce client distributeur est il satisfait de sa collaboration avec nous ? Le chiffre d’affaires commun progresse-t-il ? La réponse est oui aux deux questions, donc le petit problème de PLV aurait dû passer inaperçu. Mais dans ces moments difficiles de business, le management top/down obsolète à la vie dure, et tout doit rentrer tout le temps dans un cadre définit en amont, il n’y a pas de place pour des décisions pragmatiques venant du terrain et pas de place pour une lecture réaliste du quotidien de la relation commerciale. On vous dit quoi faire et comment le faire dans un cadre procédurier.

Confiance et liberté d’action.

pexels-photo-30579-largeCes entreprises et ces managers (qui plus est des managers commerciaux) qui se réfugient derrière les règlements et les procédures, qui ne laissent pas de place à la prise d’initiative, qui ne laisse aucune liberté d’action et de décision, récolteront des collaborateurs qui feront le « minimum syndical », ne prendront plus d’initiatives, ne saisiront plus d’opportunités commerciales sortant du cadre de l’entreprise, le lissage s’accomplira au grand plaisir des analystes du reporting.

Les collaborateurs sont des êtres humains (et non des ressources humaines) et en tant qu’être humain, pour donner le meilleur de soi, ils ont besoin d’informations claires pour agir, de confiance, de liberté d’action, d’équité de traitement (je reviendrais sur ces éléments de la motivation)

Procédures, règles et normes qui deviennent coercitives.

Cet exemple illustre aussi le travers des managers qui cachent la réalité de commerce à leur direction. Pour la tournée du grand patron dans des magasins, tout doit être merveilleusement parfait alors que ce n’est pas la réalité, dans la vraie vie, tout ne va pas bien tout le temps et ce n’est pas en cachant les problèmes ponctuels ou récurrents qu’ils seront résolus, et encore moins en blâmant les équipes.

On constate que ces managers croient encore que la tyrannie bureaucratique est source de bon résultat.

C’est comme si toutes les lourdeurs administratives des grands groupes et toute cette hiérarchie pyramidale lobotomisaient les managers, qui à la base sont intelligents. Ces managers rentrent dans un moule, ne savent plus prendre du recul, ne savent plus analyser un contexte particulier, ne savent plus ou pas changer d’attitude en fonction de la situation vécue. Ah cette malheureuse intelligence émotionnelle et situationnelle…

Les entreprises dont le management est / sera transversal, fluide, ouvert, libre, basé sur l’écoute, la confiance, qui diffuse une vision et des valeurs réelles et les déploient, ces entreprises, gagnent et gagneront demain, les autres s’affaiblissent de jour en jour sans s’en apercevoir car les coûts cachés, les pertes cachées provoquées par des salariés désengagés, si ce n’est désabusés, ces coûts et ces pertes invisibles au bilan, sont en fait faramineux… des concurrents s’en délectent.

Les mauvais managers n’ont pas d’âge et il semble qu’ils prolifèrent (au détriment des collaborateurs et des succès ratés pour les entreprises) dans des entreprises au management d’un autre âge.

 

 

 

Mes miscellanées du mois d’août.

Nouveau billet de mes découvertes au hasard de ma navigation webistique, mes miscellanées par sérendipité. En ce mois chaud et sportif, parlons de piscine à vague, du Japon, de l’âge de l’homme, des voiture électriques, des extraterrestres  et de l’égalité homme femme.

Les prochains jeux olympiques se dérouleront au Japon et un nouveau sport sera représenté, le surf. Mais pas facile d’organiser la compétition sans vague, comment être certain d’avoir de la houle et de belles vagues à surfer ? La solution avec une piscine à vague comme celle actuellement en activité en Vendée.

WikireversePeut-être serez-vous curieux de savoir si le Japon a déjà accueilli les JO ? Et vous chercherez l’information sur Google ou Wikipédia (la réponse est oui, 3 fois déjà dont la dernière édition en 1998 à Nagano). Nouveauté via le site Wikiverse, l’encyclopédie Wikipédia est représentée par une sorte de galaxie (une étoile noire bienveillante) dans laquelle chaque étoile brillante est un centre d’informations cliquable qui montre la multitude de liens et de connexions entre les sujets. Une belle carte mentale du savoir.

L’actualité est céleste avec l’annonce faite cette semaine de la réception le 15 mai 2015 dans le Caucase russe par le radiotélescope Ratan 600. En observant les étoiles il enregistre un étrange signal provenant de HD 164595, une étoile située à 95 années-lumière de la Terre, dans la constellation d’Hercule. Etrange car il est bien plus fort que le bruit ambiant enregistré normalement…

Un gros bip, puis le silence

Retour au Japon qui propose aujourd’hui plus de points de chargement pour voiture électrique que de stations essence classiques.

Sur ce sujet de la voiture électrique, peut-être avez-vous croisé une Tesla (belle automobile) sur la route de vos vacances. Le constructeur californien présente une nouvelle batterie dont l’autonomie dépasse les 600 kms, mais cela reste encore un peu onéreux.

Si vous rechargez en France votre voiture électrique, sachez que le pays organisateur de la COP 21 est en retard sur le taux de consommation d’énergies renouvelables et ne tiendrait pas le cap fixé en 2020 de 23 %. Après les grands événements et les grands discours, passer énergiquement aux actes serait une bonne chose pour la création d’emplois et pour notre santé.

L’Anthropocène, « l’âge de l’homme ».

« L’Homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète »

L’évolution de l’humanité était le sujet d’une conférence lundi 29 août avec la présentation, par un groupe de scientifiques, d’une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène, qui a débuté vers les années 1950. Nous vivons et participons à une époque intense dans l’histoire de l’humanité, nous Sapiens, modifions profondément notre environnement,

Pour la première fois en 4,5 milliards d’années, une espèce unique a radicalement changé la morphologie, la chimie et la biologie de notre planète.

C’est aussi sur la seconde moitié du XX siècle que le combat des femmes pour s’émanciper de la tutelle masculine et pour obtenir l’égalité des droits et des traitements s’est développé. Issu d’une fratrie de 6 enfants dont 5 garçons, je me souviens parfaitement de ce sujet, ma mère, luttant pour le droit des femmes, l’égalité des droits, contre les comportements machistes. Avec une éducation invitant au respect des autres et à agir pour une place des femmes égale à celle des hommes dans la société, c’est tout naturellement que je suis et soutiens les initiatives comme #JamaiSansElle , d’autant plus aujourd’hui car à travers le vêtement, des hommes soumettent, abaissent et excluent des femmes de la vie en société.

La question n’est pas vers quoi allons-nous, ni que va-t-il nous arriver mais que voulons-nous devenir ?

 

Le mégot, ce fléau.

La plage est le lieu évident pour évoquer les vacances, la plage est un lieu d’évasion pour nos esprits qui peuvent rêver à de nouvelles escales, l’horizon est propice à cela, la plage est un lieu de repos, de jeux, d’inspiration, de détente, de promenade. C’est sur la plage en photo ci-dessous qu’était organisée ce mois ci une matinée de ramassage des déchets. Oui c’est tout de suite moins glamour. Et sur ce bout de sable ainsi que sur la plage derrière les arbres et la promenade du dessus, c’est presque 1300 déchets « récoltés » par un dizaine de bénévoles en 1h15.

20160813_102002C’est la jeune association Estuairez-vous dont l’objectif est de promouvoir l’estuaire de la Loire et son littoral qui organise, en plus des visites guidées pour découvrir ce patrimoine, des sessions de ramassage des déchets humains sur ce littoral en partenariat avec Initiatives Océanes.

Jeter par terre, c’est jeter en mer.

Ce slogan de la Surfrider Fondation / Initiatives Océanes résume parfaitement la relation terre – océan pour nos écosystèmes.

Plus de touristes, c’est plus de déchets.

Une vérité pas très vendeuse pour une station balnéaire mais la réalité est là. Plus la population augmente et plus nos mauvaises habitudes se répandent. Plus il y a de touristes et plus il y a de fumeurs et plus il y a de fumeurs ayant le fâcheux réflexe de jeter leur mégot.

En deux mois, le nombre de mégots ramassés sur la même zone est passé de 37 à 719 ! (1)

En deux mois, la quantité globale de plastique a été multipliée par 4.

Déchets

Tout le connait les danger du tabac mais j’ai découvert à l’occasion de cette matinée de nettoyage les méfaits du mégot.

Le filtre de la cigarette est constitué d’une cellulose non biodégradable mais photodégradable c’est à dire dégradable sous l’action des ultraviolets. Cela prendra entre un à trois ans selon le contexte avec une pollution maximale du sol et de l’eau. Car le vrai problème est que ce filtre a retenu les centaines de substances chimiques nocives et cancérigènes. Mais les polluants qu’il contient ne disparaissent pas toujours, ils sont essentiellement dilués dans l’eau et les sols. Un mégot est un aussi polluant visuel pendant longtemps et poser sa serviette sur du sable moucheté de mégots et autres déchets est assez désagréable.

Alors si vous êtes fumeur, pensez à emporter avec vous un petit cendrier de plage (tiens une idée de business de plage, faut trouver un sponsor vert), les autres touristes vous en seront reconnaissant et loin de moi l’idée de vous dire que le plus simple, le plus sain, le plus efficace et le plus économique est d’arrêter de fumer.

Pour aller plus loin :

Fumeurs invétérés, grâce à une nouvelle technique de recyclage, vos mégots peuvent devenir vos briques de maison, à lire ici 

(1) Le 8 juin 2016, ramassage de 450 déchets dont 37 mégots pour 1294 déchets et 719 mégots le 13 août 2016 et  un même nombre de participants.Sur un total de 1294 déchets : 92% de déchets plastiques dont 719 mégots, 120 emballages alimentaires, 90 morceaux de polystyrène, 91 sacs et fragments de sacs plastiques, les 8% restant sont composés d’une variété de verres, textiles et métaux.

Mes miscellanées du mois de juillet.

Voici la suite mensuelle de mes découvertes au hasard de ma navigation webistique, mes miscellanées par sérendipité.Ce mois-ci quelques sujets pour sortir de l’omniprésence des violences terroristes et de ses répercutions, voici pour ce détendre que Carambar pense à nous, Google aussi et toujours, tout comme Ikéa plus largement vous le verrez ou d’autres entreprises innovantes et surprenantes.

56364_ttMais pour commencer, nous apprenons que dans le procès dit #Luxleak, le parquet du Luxembourg fait lui aussi appel du jugement en première instance concernant les deux employés du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers ayant diffusés des documents montrant les arrangements entre des multinationales et le fisc luxembourgeois et concernant le journaliste ayant révélé l’affaire « d’optimisation fiscale ». Ce procès est aussi celui de l’espace laissé aux lanceurs d’alertes dans nos sociétés car ils sont accusés de violations du secret des affaires.

Pouvez-vous dormir la nuit ?

Je vous livre ici un des argument de repris par l’avocat de la défense, j’adore. Si vous avez travaillé dans une grande entreprise ou une multinationale, vous avez certainement reçu la demande expresse de vous conformer au code d’éthique, de déontologie du groupe et cela va vous parlez, voici un extrait du code de déontologie de l’entreprise PricewaterhouseCoopers (l’article original ici) :

Les dix questions que l’on doit se poser quand on bosse à PwC sont très corporate (pensez aux règles de PwC, à l’image de PwC) et parfois très, très subjectives :

« 2 – Est-ce que cela vous semble juste ?
« 6 – Auriez-vous honte si d’autres personnes savaient ce que vous faites ?
« 8 – A quoi ça ressemblerait dans les journaux ? »
« 10 – Pouvez-vous dormir la nuit ? »
Sur le site de PwC, après avoir scrollé à travers les poncifs habituels en lettres majuscules (excellence, travail d’équipe, intégrité, leadership…), on tombe sur une explication un peu détaillée du « code de bonne conduite » :

« Nous reconnaissons que nos standards, lois, régulations et politiques ne couvrent pas tous les types de comportement. En conséquence, nous avons également un code de bonne conduite. […] En tant qu’individus, nous sommes encouragés à faire connaître tout problème ou inquiétude via les canaux adéquats. »

Puis ce passage qui résonne… fort :

« Vous demande-t-on de faire quelque chose qui pourrait être mal ? Etes-vous au courant de comportements potentiellement illégaux ou contraires à l’éthique de PwC ou d’un client ? Essayez-vous de prendre une décision sans être sûr de la marche éthique à suivre ? Pensez avant d’agir. Résumez et clarifiez votre problème. Demandez-vous pourquoi un tel dilemme. Prenez en compte les options et les conséquences. Demandez-vous qui pourrait être affecté. »

Ces salariés ne pouvez plus dormir la nuit. Dans cette affaire il est question de redonner de la force aux « class action, » de la force aux citoyens face aux Etats et aux marchés forts pour un équilibre des pouvoirs.

Dans la lignée de qui surveille qui, Google joue la transparence et vous offre un service en parallèle de l’historique qui vous permet de retracer votre activité sur le moteur de recherche, Google – Mon activité.

Pour continuer de parler de vous sur le web, pour votre « personal branding, votre cv haut de gamme, le nouveau site hype est Branded.me, vous trouverez des explications très claires et complètes sur son utilisation ici.

En parlant travail (et bureau), pour nous détendre un peu, je vous signale l’initiative de la marque Carambar sur Twitter qui vous envoie une blague lorsque vous utilisez le hachtag #SosblagueCarambar

Carambar

Restons sur Twitter car voici une nouvelle application Swarmbird d’une entreprise de l’ouest qui optimise la couverture des « LiveTweet » lors de vos événements professionnels.

Vous trouvez tout cela très créatif et innovant. Et vous dans votre quotidien professionnel, comment se concrétise (ou pas) l’innovation, la créativité, pouvez-vous sortir du cadre, proposer des idées, des avancées..? voici une enquête de l’Observatoire de la créativité,  » Et vous, la créativité en entreprise, vous la vivez comment ?  »

La génération Z arrivera bientôt en entreprise.

Pourquoi attendre pour collaborer et utiliser les compétences créatives (par exemple) de cette génération et de ces étudiants ? C’est ce que propose Werevo, un site de mise en relation des entreprises et des étudiants pour accomplir des missions ponctuelles (commerciales, juridiques, de traductions, de web design, d’ e-technologies et de business…) et tout le monde est gagnant.

Dans le futur Ikéa sera toujours là. La mission d’entreprise imaginée et écrite en 1943 est et sera toujours d’actualité : Create a better life eveyday , et pour le plus grand nombre. C’est pourquoi l’entreprise vise la totalité des habitants de la planète, oui rien que ça. Vous trouverez plus de détails dans cet article sur la stratégie Ikéa. Je trouve très bien pensé le choix des 5 critères indissociables pour développer les produits : la forme / esthétique, la fonction, la qualité, la durabilité, les prix bas.

Pour terminer la journée de nos better life, nos amis belges innovent pour le bien de l’humanité et de façon étonnante. Imaginez un festival de musique, vous découvrez un stand où l’on vous demande d’uriner pour la science… et bien les 1000 litres d’urine récoltés si je puis dire, furent retraités en engrais et en bière…à lire ici et peut-être à déguster si cela vous tente.

 

 

L’inatteignable risque zéro.

Il est impérativement nécessaire que l’insoutenable ne se reproduise plus, soyons ensemble les derniers à pleurer.

Ce sont les mots d’un homme au bord des larmes, ceux du maire de Saint Etienne du Rouvray après l’épouvantable assassinat à l’arme blanche du prêtre pendant un office religieux.

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Louable appel dans ce moment d’émotions fortes, compréhensible vœu de ce maire proche de ses concitoyens mais ce souhait est-il possible dans ce combat engagé par le pays contre l’Etat Islamique ?

Modes opératoires des terroristes.

Je lis actuellement le passionnant livre de Yuval Noah Harari, Sapiens – Une brève histoire de l’humanité (1) et son nom a accroché mon attention au sujet d’un article qu’il a écrit il y a quelques mois au sujet du terrorisme, je trouve son analyse pertinente, en voici des extraits :

Un terroriste, c’est comme une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. Petite, faible, la mouche est bien incapable de déplacer ne serait-ce qu’une tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique.

Comme son nom l’indique, la terreur est une stratégie militaire qui vise à modifier la situation politique en répandant la peur plutôt qu’en provoquant des dommages matériels. Ceux qui l’adoptent sont presque toujours des groupes faibles, qui n’ont pas, de toute façon, la capacité d’infliger d’importants dommages matériels à leurs ennemis.] [Dans le cas du terrorisme, la peur est au cœur de l’affaire, avec une disproportion effarante entre la force effective des terroristes et la peur qu’ils parviennent à inspirer.

Ce qu’espèrent pourtant les terroristes, quand bien même ils n’ébranlent qu’à peine la puissance matérielle de l’ennemi, c’est que, sous le coup de la peur et de la confusion, ce dernier réagira de façon disproportionnée et fera un mauvais usage de sa force préservée.

Leur calcul est le suivant: en tournant contre eux son pouvoir massif, l’ennemi, fou de rage, déclenchera une tempête militaire et politique bien plus violente que celle qu’eux-mêmes auraient jamais pu soulever. Et au cours de ces tempêtes, ce qui n’était jamais arrivé arrive: des erreurs sont faites, des atrocités sont commises, l’opinion publique se divise, les neutres prennent position, et les équilibres politiques sont bouleversés. Les terroristes ne peuvent pas prévoir exactement ce qui sortira de leur action de déstabilisation, mais ce qui est sûr, c’est que la pêche a plus de chance d’être bonne dans ces eaux troubles que dans une mer politique calme.

Pour commencer, si l’on veut combattre le terrorisme efficacement, il faut prendre conscience que rien de ce que les terroristes font ne peut vraiment nous détruire. C’est nous seuls qui nous détruisons nous-mêmes, si nous surréagissons et donnons les mauvaises réponses à leurs provocations.

Les terroristes s’engagent dans une mission impossible, quand ils veulent changer l’équilibre des pouvoirs politiques par la violence, alors qu’ils n’ont presque aucune capacité militaire. Pour atteindre leur but, ils lancent à nos États un défi tout aussi impossible : prouver qu’ils peuvent protéger tous leurs citoyens de la violence politique, partout et à tout moment. Ce qu’ils espèrent, c’est que, en s’échinant à cette tâche impossible, ils vont rebattre les cartes politiques, et leur distribuer un as au passage.

Un terroriste, c’est un joueur qui, ayant pioché au départ une main particulièrement mauvaise, essaye de convaincre ses rivaux de rebattre les cartes. Il n’a rien à perdre, tout à gagner.

Pourquoi les États sont-ils aussi sensibles aux provocations terroristes?

S’ils ont souvent du mal à supporter ces provocations, c’est parce que la légitimité de l’État moderne se fonde sur la promesse de protéger l’espace public de toute violence politique.

Aujourd’hui, un gouvernement peut tout à fait fermer les yeux sur la violence domestique ou sexuelle, même si elle atteint de hauts niveaux, parce que cela ne sape pas sa légitimité. En France, par exemple, plus de mille cas de viols sont signalés chaque année aux autorités, sans compter les milliers de cas qui ne font pas l’objet de plaintes. Les violeurs et les maris abusifs, au demeurant, ne sont pas perçus comme une menace existentielle pour l’État parce que historiquement ce dernier ne s’est pas construit sur la promesse d’éliminer la violence sexuelle. A contrario, les cas, bien plus rares, de terrorisme, sont perçus comme une menace fatale, parce que, au cours des siècles derniers, les États occidentaux modernes ont peu à peu construit leur légitimité sur la promesse explicite d’éradiquer la violence politique à l’intérieur de leurs frontières.

 

Une petite pièce, si on la lance dans une jarre vide, suffit à faire grand bruit.

C’est ce qui explique le succès des mises en scène terroristes. L’État a créé un immense espace vide de violence politique – un espace qui agit comme une caisse de résonance, amplifiant l’impact de la moindre attaque armée, si petite soit-elle. Moins il y a de violence politique dans un État, plus sa population sera choquée face à un acte terroriste. Tuer trente personnes en Belgique attire bien plus d’attention que tuer des centaines de personnes au Nigeria ou en Iraq. Paradoxalement, donc, c’est parce qu’ils ont réussi à contenir la violence politique que les États modernes sont particulièrement vulnérables face au terrorisme.

L’État a tant martelé qu’il ne tolérerait pas de violence politique à l’intérieur de ses frontières qu’il est maintenant contraint de considérer tout acte de terrorisme comme intolérable.

Désormais, nous serons gouvernés par la peur et les bons sentiments

Afin de soulager ces peurs, l’État est amené à répondre au théâtre de la terreur par un théâtre de la sécurité. La réponse la plus efficace au terrorisme repose sans doute sur de bons services secrets et sur une action discrète contre les réseaux financiers qui alimentent le terrorisme. Mais ça, les gens ne peuvent pas le voir à la télévision. Or ils ont vu le drame terroriste de l’effondrement des tours du World Trade Center. L’État se sent donc obligé de mettre en scène un contre-drame aussi spectaculaire, avec plus de feu et de fumée encore. Alors au lieu d’agir calmement et efficacement, il déclenche une énorme tempête qui, bien souvent, comble les rêves les plus chers des terroristes.

Comment l’État devrait-il faire face au terrorisme ? Pour réussir, la lutte devrait être menée sur trois fronts. Les gouvernements, d’abord, devraient se concentrer sur une action discrète contre les réseaux terroristes. Les médias, ensuite, devraient relativiser les événements et éviter de basculer dans l’hystérie. Le théâtre de la terreur ne peut fonctionner sans publicité. Or malheureusement, les médias ne font souvent que fournir cette publicité gratuitement: ils ne parlent que des attaques terroristes, de façon obsessionnelle, et exagèrent largement le danger, parce que de tels articles sensationnels font vendre les journaux, bien mieux que les papiers sur le réchauffement climatique.

Le troisième front, enfin, est celui de notre imagination à tous. Les terroristes tiennent notre imagination captive, et l’utilisent contre nous. Sans cesse, nous rejouons les attaques terroristes dans notre petit théâtre mental, nous repassant en boucle les attaques du 11 Septembre ou les attentats de Bruxelles. Pour cent personnes tuées, cent millions s’imaginent désormais qu’il y a un terroriste tapi derrière chaque arbre. Il en va de la responsabilité de chaque citoyen et de chaque citoyenne de libérer son imagination, et de se rappeler quelles sont les vraies dimensions de la menace. C’est notre propre terreur intérieure qui incite les médias à traiter obsessionnellement du terrorisme et le gouvernement à réagir de façon démesurée.

Réponses disproportionnées.

C’est bien ce à quoi nous assistons depuis 18 mois, un déploiement ultra visible de nos forces (qui perdent des forces) pour rassurer les citoyens. espérons que les moyens invisibles (pour le renseignements) soient traités de la même manière. Surenchères de déclarations, d’hommages, de discours solennels..

Avec le drame de cette semaine, en 18 mois, 238 personnes furent tuées par des actes terroristes, dans le même temps plus de 4000 personnes sont mortes sur les routes, environ 100 000 viols sont commis (+18% en 2015) , je vous passe les autres violences familiales sur les enfants par exemple…Comme le souligne fort bien Harari, les gouvernements se sentent piégés par les violences extérieures, le sol du pays est sacralisé et donc les réponses massives sont disproportionnées à la puissance des terroristes et disproportionnées par rapport aux violences de nos vies quotidiennes.

Alors oui les terroristes gagnent en mobilisant nos énergies et nos moyens et en nous divisant.

Le miroir de la guerre sans mort.

Tous le monde sait bien que le danger zéro est illusoire dans une guerre contre les fanatiques et les terroristes. Mais le jour même de cet acte effroyable, un jour d’émotions et de colères, sans respecter une journée de silence, de compassion, de recueillement, sans le plus petit respect pour la victime, les leaders de l’opposition (nous aurions assisté au même mauvais scénario avec un autre parti au gouvernement) fustigent l’incapacité du gouvernement à protéger les citoyens, sur toutes les chaines de télévision, les bandeaux d’informations diffusent les réactions de tous les prétendants à la primaire LR et à la prochaine élection présidentielle dans une surenchère d’attaques, d’intentions et de promesses, aucune proposition logique ou pragmatique. Et chacun de réclamer toujours plus de soldats, de policiers, de militaires dans les rues, une surveillance des 36 000 églises de France, le tout dans un pays déjà en état d’urgence.

Le devoir de vérité sera pour plus tard…car les médias et l’opinion réclament du scoop, de l’action, encore et encore. La prise de recul sera pour plus tard. La cohésion du pays n’est plus, les divisions sont légions, les colères et les haines se déversent sur tous les médias, sociaux en premier, le terrorisme gagne actuellement son pari de rebattre les cartes, nous sommes l’éléphant.

Pour réfléchir un peu, une dernière citation de cet auteur, sur les religions monothéistes et polythéistes.

Par nature ouvert, le polythéisme est propice à une profonde tolérance religieuse ][ ne persécute rarement les hérétiques et les infidèles.(2)

1 – Chez Albin Michel

2 – page 253 de Sapiens, une brève histoire de l’humanité.

3 – Illustration, Mosaïque du monastère de Poleakastritsa, Corfou, Grèce